MAJ n°6.2 !
Le décompte des membres et la suppression des non-actifs ont été effectués le 1er septembre. Le prochain rendez-vous est donc fixé au 1er octobre.
Ça y est ! L'émission Produce U a touché à sa fin. Merci à tous pour votre participation !
Hiatus forcé de certains artistes de la DREAM, accident des FACTORY, croquis de Sunti, dernières rumeurs diverses, tout est discuté au sein de SHADOW, le forum sans concessions.
Absent ? En ralentissement ? Passe par ce sujet pour nous le signaler !
Pour votre santé, n'oubliez pas de manger 4 fruits et légumes par jour, une libellule (#Loris) et de pratiquer une activité physique régulière ! #SuHan
De nouveaux dés sont disponibles ! Venez tenter votre chance avec le dé du destin et avec la loterie !

☼ L'endroit dont nous avions rêvé (-16) ☼
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Jeu 11 Avr - 21:02
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Hyun Kang Jun
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Puissions-nous nous retrouver.
Récemment, j'ai reçu des nouvelles du Petit Prince. Le garçon que j'avais surnommé ainsi pour sa chevelure décolorée et son charisme fin et élancé. Depuis le repas que nous avions partagé, je n'avais pas eu de ses retours. Je lui avais pourtant transmis mon numéro de téléphone personnel derrière ma carte de visite. Son absence remonte à plusieurs mois. Et loin d'être comme dans les dramas coréens, je ne l'ai pas recroisé par hasard dans les rues ou en sortant d'un magasin. J'aurais pu me rendre à son agence et demander à l'accueil pour le rencontrer. Sauf que mon ego est surdimensionné et que c'était à lui, de me joindre et non le contraire.
Un peu, avant que l'on se sépare ce jour-là, dans le restaurant japonais, je lui avais proposé de quitter Séoul avec moi et de partir un week-end. Ma proposition était faite sur un coup de tête. À la base, il ne devait pas réfléchir longtemps. Il avait qu'à accepté et deux jours après, on se barrait dans une autre ville paumée.
Les deux jours sont devenus des semaines, et les semaines transformées en mois. Je lui avais promis d'attendre, alors j'ai été patient. À la longue, j'ai bien crû qu'il m'avait simplement oublié et que cette virée serait bonne à jeter aux oubliettes.
La patience nous fait grandir.
«Tout arrive à point à qui sait attendre. »
Comme un petit oiseau qui vient soudainement prendre place sur la branche de mon arbre, l'idole refait son apparition. Et parce que j'ai su attendre jusqu'à son retour, je le laisse prendre appuie. Toutefois, je pourrais très bien lui jeter des cailloux ou secouer cette branche pour qu'il aille autre part et que la place soit libre pour quelqu'un d'autre. Par chance, ce oisillon était beau et dans la durée, il devenait attachant et moi, attaché.


Même si la colère électrifiait la racine de ma chevelure, l'éponge était passée ; à moitié. Nous avions déterminé nos retrouvailles à la gare principale de Séoul située à l'arrondissement Yongsan-gu. Pour simplifier la prise de décision du blondinet de mes souvenirs, je lui ai laissé le choix de la date et de l'heure. Il pouvait à nouveau retourner sa veste et se faire silencieux une éternité.


À l'horloge de la gare ferroviaire, je lis sept heures et cinquante minutes. Dix minutes avant le départ du train, je sors mon billet sur le quai. Seul et caché par une foule de touristes, je ne cherche pas à m'écarter pour être vu. Normalement, Lunaire et moi avons une place l'un en face de l'autre.
« Je le retrouverais dans le train », me dis-je, le cœur serré.
Quand le train arrive, je laisse passer le groupe en premier que je suis de très près. Je vérifie une dernière fois le numéro de mon siège. Je vois Lunaire qui est déjà assis. Ma tête se baisse, comme pour ne pas lui faire face. Je sais que les débuts vont être compliqués. Il faut laisser le temps à la roue de prendre de l'élan. Toujours le visage caché, j'entre dans la capsule. En premier, je porte ma petite valise pour la mettre en hauteur. Je prends aussi un délai pour ôter mon manteau avant de saluer le camarade. Dès que je pense avoir poussé la durée assez loin, je m'installe devant lui et daigne enfin lui accorder de l'attention.

« Bonjour. »


Pas de "Bonjour Lunaire", pas d'ajout de surnoms et de chaleurs pour nos retrouvailles. La distance est belle et bien l'option que j'ai opté pour m'adresser à lui.


Le voyage en train se déroula sans un bruit. Nos bouches ne se sont pas entrouvertes une seule seconde pour communiquer. La voix dans les hauts parleurs nous indique notre arrivée à notre gare, Maehwa-Ri.
Ma valise en main, je constate qu'il n'y a qu'un seul quai dans cette gare. Nous avons atterri dans un patelin perdu. Maintenant, il fallait rejoindre le bus pour tout déplacement. Je jette un coup d'œil sur le garçon, s'il est bien avec moi et pas resté dans le train. Qui sait, il aurait pu me faire le coup de rester dans le wagon et me laisser tout seul sur le quai ! Ma confiance en lui s'est détériorée avec son absence.
Je m'approche, la valise roulante, du panneau avec les horaires de bus. Le doigt parcourt les colonnes pour chercher l'heure qui correspond le plus à la nôtre. Mince, quelle heure est-il d'ailleurs maintenant ? Il est dix heures quarante. Notre voyage a duré un peu plus de deux heures et demi. Et je ne peux pas dire "Il est passé d'une seule traite !" ou encore "Je n'ai rien vu passé !", car ce fut tout l'opposé. Le long de cette durée, mes méninges ont bien rouillé.
Ma valise tombe par terre et le choc me fait sortir de mes pensées. Elle m'a glissé des mains. Je la récupère tout en soupirant de fatigue. Je me tourne enfin vers Lunaire, qui était resté muet derrière. Après l'avoir dévisagé de haut en bas, je viens à lui demander en pointant le panneau du doigt :

« Choisis la destination. »

Je replie la poignée de ma valise que je laisse sur le côté. Je m'assois sur le bord du trottoir, attendant que la starlette fasse un choix.
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Ven 12 Avr - 0:11
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Seon Lunaire
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L'endroit dont nous avions rêvé
featuring. @Hyun Kang Jun

Lunaire s'était demandé si ça rimait encore à quelque chose, de poursuivre quelqu'un qu'il avait littéralement abandonné plusieurs mois. Il avait complètement perdu la notion de temps, celui-ci était devenu à la fois incroyablement lent ou rapide. Oui, hier encore, peut-être qu'il avait juste été une autre personne, à innocemment penser que tout allait bien se passer, qu'au final c'était dur, mais pour le mieux. Et maintenant, il était complètement vide d'espoirs, comme si on avait foutu un filtre noir sur la réalité. Il n'avait jamais été pire que ces derniers mois. Tout s'était effondré morceaux par morceaux, tout ce qu'il connaissait et croyait, il était retombé dans des addictions néfastes, et peut-être même qu'il s'en créait de nouvelles..?
En fait, les choses continuaient à aller tellement mal, qu'il se disait qu'au fond, il était préférable d'absolument tout foutre en l'air. Au moins, il serait certain de ne pas se faire de faux espoirs.
C'est donc dans ce contexte qu'il avait recontacté Kang Jun aux abords de trois heures du matin un soir après avoir repris en total contre-indication avec la notice des anti-dépresseurs... Tout ça pour pas se jeter par la fenêtre, ou se couper. Sa vie était devenue drôle à ce point, alors il se disait qu'il n'était pas à ça de près, s'il fallait faire de nouvelles conneries. Parmi celles-ci, sûrement se barrer un week-end avec un quasi-inconnu sans prévenir personne.
Et ce type... Il ne savait toujours pas quoi en penser avec le temps, si ce n'est qu'il voulait le garder proche et loin de la même manière. Peut-être qu'il fallait se décider, maintenant qu'il l'avait blessé. Il ne pouvait pas exprimer à quel point il était profondément désolé de l'avoir autant fait attendre. Mais de la même manière, il serait incapable d'avouer qu'il n'aurait de toute façon pas pu le faire, et que, le faire ce jour là était aussi une mauvaise idée. Il fallait croire que la culpabilité était trop lourde pour au moins attendre de guérir.
Il aurait voulut laisser Kang Jun choisir, parce que de toute façon, il était incapable de choisir. Mais il fallait croire qu'il avait dû se faire violence pour trouver lui-même un truc. Il n'était clairement pas prêt à faire face à cet homme, mais il se disait qu'il n'avait pas le choix.
C'était complètement stupide.

Il était arrivé bien en avance pour attendre sur le quai de la gare principale de Séoul. Pendant quelques minutes, il s'était dit qu'il avait peut-être le courage d'attendre le manager des Seven Diamonds. Et puis, il avait eu de vagues flashbacks de leur conversation par SMS, et au final, après l'arrivée en gare de leur train, il était parti se réfugier dans un wagon.
Lunaire était du genre peureux. Il avait souvent le besoin de se planquer. Et la meilleure cachette qu'il avait trouvé quand il avait aperçut ce jeune homme, c'était un silence froid. Il avait juste répondu un "bonjour", et s'en était mordu les doigts, parce que de toute évidence, il ne voulait pas jouer à ce jeu là. Mais que dire ? Il n'en savait rien. Il était perdu.
Il avait jeté parfois de légers coups d’œil au plus âgé, qui semblait visiblement pas mal en trin de bouder. Il était venu... C'était déjà ça, non ? Il allait faire ce qu'il avait promis de faire. Il devait faire de son mieux, même s'il avait l'intime conviction que ça allait rater.
L'androgyne avait juste essayé de se mettre à la place de Kang Jun, et il fallait dire que ça faisait trop mal. Il l'avait complètement délaissé, sans donner de raisons. Et pourquoi ? Ce n'était pas à lui de payer les pots cassés juste parce qu'il allait mal. Il aurait dû mieux s'occuper de lui. Parce qu'il avait l'air complètement brisé de l'intérieur, et Lunaire se disait qu'il avait été bien cruel de repousser sans cesse la date.
Au final, il avait simplement sortit ses écouteurs de son sac et mis une playlist au hasard avant de fermer les yeux. S'il avait été en meilleur état, peut-être qu'entendre la voix de Hae Ri l'aurait fait sourire. Il avait acheté son album digital aussitôt après sa sortie, parce qu'elle comptait beaucoup pour lui malgré tout. Mais il repensait juste à leur collaboration, et le sale goût que ça avait, de lui mentir en boucle... Pourtant, il ne pouvait cesser d'être ce même menteur, encore et encore.
Quand il avait rouvert des yeux à la station, il avait simplement suivit Kang Jun sans un mot. C'était comme s'il avait peur de se faire vraiment gronder, complètement ratatiné dans l'ombre de son aîné. Peut-être que maintenant qu'il allait devoir se décider à parler, la peur avait repris le dessus...
"Allez, c'est ce que tu fais le mieux : mentir. Peu importe le prix, c'est essentiel, il faut réparer les pots cassés. Comporte-toi un peu en adulte."
Il avait repéré les horaires de bus, un peu angoissé à l'idée de leur faire prendre le mauvais pour des prunes. Quoi que la perspective de se perdre au milieu de nul part lui plaisait presque...
La chute de la valise de Kang Jun le fit légèrement sursauter. Un long soupir fatigué avait alors échappé au plus âgé, réveillant miraculeusement le grand-frère en Lunaire. Il avait bien crû l'avoir abandonné auprès de Jeh Oon après leur rencontre... Mais maintenant qu'il avait récupéré ce besoin pressent de rendre le sourire au manager, il se sentait plus rassuré. Il avait juste fallut un déclic, n'est ce pas ?

« Choisis la destination. »



Il hocha simplement la tête, les yeux à nouveau rivés vers l'affichage des bus. Il fallait peut-être d'abord que Kang Jun puisse se débarrasser de ses affaires, non ? Il avait prévu un sac, mais de toute évidence, le plus âgé n'avait pas vu les choses de la même manière.
Il fallait qu'il lui vende un peu de rêve. Ou pas. De la fantaisie au moins.

- Le bus 7 dans deux minutes va près de la mer. Il y a une auberge miteuse là-bas, elle est sensée fermer la semaine prochaine. Vous pourrez y déposer vos affaires, et après, on pourra aller sur le port. Vous avez déjà vu la mer ? commença t-il, mimant parfaitement un air enjoué, alors qu'il était en trin de mourir d'appréhension intérieurement.

Regardant à nouveau le panneau, il prit son courage à deux mains. Et Dieu sait qu'il n'en avait pas beaucoup ! Mais s'il fallait tout donner, c'était aujourd'hui. Il avait juste à mentir, et jouer un rôle. Tout ce qu'il y avait de vrai, c'était qu'il n'allait pas l'abandonner, et qu'il allait au moins finir cette journée. Il devait tenir sa promesse. Il avait promis.

- On y va, et je paie l'auberge, avait il dit, faussement menaçant avant d'éclater de rire et de se diriger vers le bus arrivé, et d'encore une fois dépasser le manager pour payer leurs places à eux deux.
gabi le loup


You blew me up like a big balloon far too soon. How did I get here ? It's all so quick, and I feel sick, red pushing down on the green.
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Ven 12 Avr - 15:12
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Puissions-nous nous retrouver.
Mon attention tente de ne pas trop s'attarder sur le garçon. Un comportement complètement rempli d'idiotie et d'ego. Je voulais simplement lui retourner l'appareil. Pendant des mois, il ne s'est pas fixé une seule seconde sur ma personne. Pour ma part, je suis moins généreux, seulement quelques minutes ne lui seront pas accordées. Trop gentil ou trop con, mais je n'allais pas lui faire la gueule tout le week-end. Nous serons que tous les deux et l'éviter serait une catastrophe et d'un ennui monstrueux. De plus, je n'ai pas réservé deux jours pour lui montrer le possible sale caractère que je peux adopter.
En attendant qu'il se décide, je m'occupe à regrouper des cailloux dans ma main et à les jeter le plus loin possible sur la route. Exactement ce qu'aurait pu faire un gamin de cinq ans.
Je tends l'oreille lorsqu'il m'informe de notre prochaine destination. Dans deux minutes, selon Lunaire, le bus devrait arriver. Ne voulant pas me faire écraser, je me relève et frotte l'arrière de mon jean. J'attrape ma valise et me tiens prêt à monter dans le véhicule.

« Faisons comme ça. »

Je lui tourne toujours le dos. Je me referme à lui.
Lorsque le transport en commun arrive, je lui fais signe pour qu'il s'arrête à notre niveau. Quand la porte s'ouvre, Lunaire me devance et paye nos places. Mes yeux roulent. Son action était presque prévisible.
Je salue le chauffeur par un simple coup de tête et je m'engouffre dans le fond, prenant une place devant Lunaire, toujours pour lui afficher mon dos. Le bus démarre.
Après quelques minutes de silence, je tourne légèrement mon visage sur le côté.

« Je t'avais dit de ne plus me vouvoyer. »

J'attends quelques secondes, tenant ma position. Je me tourne ensuite vers la vitre où je souffle un air chaud dessus pour créer de la buée. Du bout de l'index, je dessine une fleur. Le temps passe vite, nous sommes déjà en printemps.
Le dessin gardé en vision, je rétablis petit à petit un contact avec lui.

« J'ai fait des recherches sur ton prénom. »

Posant lourdement chacune de mes interventions avec de longs arrêts, je maintiens le suspens. Dans cette attente, tout à coup, je viens à effacer la fleur dessinée. Elle était moche de toute façon.

« Personne ne s'appelle Lunaire en France. Ce n'est pas un prénom, mais plus un adjectif. »

J'ai souvent pensé à lui et à ce prénom à la sonorité particulière et peu familière. Jusqu'ici, je l'avais prononcé à la manière coréenne. Grâce à Google traduction, j'ai pu apprendre à le dire correctement. Ce que je lui fis part.

« Lunaire. »

J'ai travaillé sur le "r", un travail linguistique peu commun en Corée. Fier de moi, j'incline ma tête vers le garçon, lui dévoilant qu'à moitié, le petit sourire qui incurva mes lèvres quelques secondes plus tôt.
Non, son absence n'a pas tout détruit et c'est ce que je voulais qu'il comprenne derrière. Oui, je pense toujours à ce jeune homme qui avait débarqué avec ma chemise bien repassée et avec une agréable odeur. Je me souviens de cette idole en détresse et à qui j'ai prêté mon vêtement pour qu'il monte sur scène. Je me rappelle des échanges autour du repas où nous avions un peu bu et percé la bulle de l'autre.

Le visage de Lunaire m'est difficile à faire disparaître de mes pensées. Son physique androgyne m'a tapé dans l'œil. Son physique Petit Prince et son esprit d'enfant perdu m'a touché. Pour l'instant, je le garde au fond de moi. Je crois que je veux m'amuser et voir jusqu'où il est prêt à se donner pour se faire pardonner.

Le trajet ne fut pas long. Debout devant le bus qui vient de s'arrêter, je contemple les alentours très vides. Je me demande qui vient dans cette campagne ne comptant pas les gens qui viennent pour voir les proches. Le vent nous apporte l'odeur du port. J'ai l'impression de sentir des poissons morts. Je grimace, le nez dérangé. Dans tous les cas, je vais devoir faire, donc je dois m'y habituer.
Lunaire poursuit le chemin en se dirigeant vers l'auberge. Je le suis, traînant avec moi mon bagage. À l'intérieur, je le laisse s'en charger puisqu'il voulait à tout prix payer. Payer, c'est aussi s'en occuper dans mon cas, ou dans ce cas précis. Le temps qu'il s'occupe de réserver, je lis une carte encadrée et accrochée sur un mur décorée d'une vieille tapisserie des années quatre-vingt.
Nous prolongeons un couloir sombre qui craque lorsque nous marchons sur le vieux bois.

« C'est quoi les numéros ? »

Je me doute qu'il ait pris la peine de réserver deux chambres. Depuis le début, il est distant. Il a raison. Je suis celui qui est très franc. Nous nous connaissons que depuis peu. Il faut que je sois réaliste. Et, Lunaire n'a pas l'air d'être un gars séducteur avec des idées branchées sur la sexualité. Pourquoi est-ce que je pense à ça ? Ne puis-je rester près de lui avec un esprit sain ? Capable ou non, je vais devoir faire l'effort d'être plus prude lorsque je suis à ses côtés.
Je lui prends une des clés, peu importe laquelle, elles devaient bien se ressembler à quelques détails de différences. Je m'installe dans la chambre. La valise sur le lit, je range les affaires que j'ai apportées selon la place qui leur est destinée. Par exemple, la brosse à dents va dans la salle de bain. Le problème est qu'il n'y a pas de salle de bain ! Oh non, je suis certain qu'il s'agit de parties communes. Toute à l'heure, je n'ai pas écouté les instructions de la dame à l'accueil. J'ai dû manquer cette information.
Je frappe à la porte de la chambre de Lunaire quand j'ai fini de sortir mes affaires. Sauf qu'il n'ouvre pas tout de suite.

« Je t'attends à l'extérieur. »

Lui dis-je devant sa chambre.

En pensant devant la dame, j'ai remarqué son regard qui semblait me dire "T'es mignon toi, t'es libre ce soir ?". Beurk, ça pourrait me faire vomir. Heureusement, la brise fraîche me remet l'estomac en place. L'odeur du poisson mort est moins forte étrangement. Ce changement n'est pas du tout déplaisant, que ça reste ainsi !
Sagement, j'attends mon compagnon de voyage, les mains emmitouflées dans les poches et les pieds balayant le sol.


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Ven 12 Avr - 18:31
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Lunaire était vraisemblablement incapable de savoir à quel point la situation risquait d'être compliquée. Est-ce que Kang Jun allait être fâché toute la journée ? Ou tout le week-end ? Comment le dérider ? Comment se faire pardonner ? Il ne savait pas trop. La vérité, c'est que jusque là, il n'avait pas vraiment eu à être pardonné, en dehors de l'histoire avec Jun, ou... Non, en fait, récemment, il avait fait beaucoup d'imbécilités.
Il ne pouvait toutefois pas se permettre de laisser transparaître sa nervosité. Son camarade de voyage semblait déjà plutôt fatigué, et de mauvais poil. Il lui indiqua donc plutôt simplement la suite des opérations, ce à quoi on lui répondit simplement :

« Faisons comme ça. »

Lunaire avait vaguement l'impression d'avoir une huître fermée à côté de lui. Déjà, Kang Jun semblait s'amuser à ne lui montrer que son dos, puisque même après être rentré dans le bus, il s'était mis sciemment devant pour ne pas le voir. Évidemment, le taux de culpabilité du plus jeune avait considérablement augmenté, tandis qu'il jouait nerveusement avec les lanières de son sac à dos. D'un coup, son peu de courage s'évaporait à nouveau. Il perdait complètement espoir. C'était complètement vain, il n'arriverait jamais à survivre à ce week-end.

« Je t'avais dit de ne plus me vouvoyer. »


Kang Jun s'était un peu retourné, faisant à nouveau sursauter le soliste. Il tenta de balbutier quelque chose comme un "oui", mais finit par simplement hocher la tête. Finalement, si, il avait l'air stressé. Et pas que l'air, parce que d'un coup, l'aération du bus avait l'air d'être une bonne issue pour sortir. Résistant à l'envie de se tourner encore plus au ridicule, ou à celle de gober des pilules, il préféra regarder sagement le paysage pour se calmer. Il ne connaissait vraiment rien de cet endroit... Il y avait quelques vieux parfois, mais au final que peu de population. Il y avait un véritable contraste avec Séoul, où il y avait toujours des gens partout.

« J'ai fait des recherches sur ton prénom. »

Il reporta son attention sur la voix de Kang Jun, surpris, et un peu inquiet aussi. Il ignorait ce qu'il allait dire. A vrai dire, il se disait que si son aîné était aussi rancunier que lui, vu le caractère un peu dur qu'il semblait avoir, ça allait mal se passer pour lui. Mais bon, ce n'était pas le soliste qui allait lui en vouloir, parce qu'il comprenait qu'il méritait qu'on soit mauvais avec lui.

« Personne ne s'appelle Lunaire en France. Ce n'est pas un prénom, mais plus un adjectif. »


Il hocha simplement la tête à nouveau, ne sachant pas du tout s'il devait répondre quelque chose ou non. Il était plutôt intrigué, peut-être touché que le manager se soit intéressé à ça. Quand ça touchait à son autre langue maternelle, peu de personnes allaient chercher à creuser un peu. Rien que pour son prénom, il avait trop l'habitude que les gens le prononcent de toutes les manières possibles sauf la bonne pour que le simple fait de se renseigner dessus, et sur d'où ça venait le touche.

« Lunaire. »

Le mot "choqué" ne pu qu'à moitié décrire sa réaction du moment. Alors oui, il y avait encore un peu de travail à faire, mais ça faisait longtemps que le compositeur n'avait pas entendu son prénom prononcé comme ça. Et n'empêche, il s'était aussi mis à rougir bêtement après une pensée furtive qui suggérait que c'était quand même vraiment sexy sortit de la bouche du manager des Seven Diamonds. Il lui avait rendu ce demi-sourire, savant pourtant que rien n'était gagné.

- Vous vous débrouillez très bien. Vous devez avoir un talent pour apprendre les langues...

Il ne rajouta absolument rien, fixant à nouveau le dos du plus âgé après avoir subitement remarqué qu'il l'avait encore vouvoyé. Que faire ? Il ne savait pas trop. Tout naturellement, il allait encore chercher à en faire des tonnes. Mais justement, cela n'allait il pas faire fuir Kang Jun ? Il avait du mal à le savoir. Et puis, il ne savait pas s'il pouvait se permettre des gestes comme la dernière fois. Après tout, cette fois, ils n'étaient pas ivres, et, et de toute évidence, vu la distance que semblait mettre l'autre jeune homme, il allait devoir la jouer tactique.
Il avait pu commencer à tâter le terrain en le rencontrant, sur ce qui était plus ou moins sensible. Il en avait plus ou moins déduit que ce qui touchait à la famille et au social semblait compliqué. Il avait ressentit une espèce de solitude, et un manque de présence fiable à ses côtés. Mais bon, avec ce qu'il avait fait, il doutait fort devenir la présence fiable dont il aurait besoin...
Il descendit du bus une fois arrivé, regardant autour de lui avec une certaine curiosité. Il n'y avait pas grand chose ici... Et ce qu'il remarqua bien vite, c'était une odeur de poisson qui le mit plutôt mal à l'aise. Visiblement, le manager des Seven Diamonds sembla aussi incommodé par l'odeur. Est-ce que ça sentait toujours comme ça près de la mer ?
Prenant la direction de l'auberge, Lunaire vérifia tout de même si son camarade suivait. Il ne voulait pas le perdre en chemin... De toute manière, s'il le perdait, il comptait bien aller le chercher. Il n'allait pas fuir comme ça !
Il trouva bien vite l'auberge, allant réserver à l'accueil. La personne était une femme d'âge plutôt mûr, qui semblait reluquer Kang Jun d'une manière plutôt gênante. Et le soliste avait beau essayer d'attirer son attention pour pouvoir payer, avoir des indications claires et les clés, elle ne perdait jamais une occasion de le reluquer. Mort d'embarras, Lunaire n'osa même pas lui dire que ça devait gêner son partenaire de voyage. Elle avait vraiment l'air de le voir comme un morceau de viande, ce qui donnait de sacrés frissons.
Il attrapa les deux clés qu'elle avait tendu, se disant un peu inquiet que vu son regard, elle risquait peut-être de se faufiler dans la chambre du manager sans son accord. C'était vraiment effrayant, mais il n'arrivait pas à chasser cette idée en voyant les yeux lubriques de cette femme. Il se dépêcha donc d'entraîner dans le couloir Kang Jun. Les lieux semblaient vraiment anciens... Le parquet était tout en bois, et craquait à chacun de leurs pas, même si le soliste tentait de s'appliquer pour éviter d'être trop bruyant.

« C'est quoi les numéros ? »


- 5 et 6, répondit de manière plutôt automatique le jeune compositeur, lui tendant les clés pour lui laisser choisir l'une d'elle.

Après que Kang Jun ait attrapé sa clé, il se rendit à son tour dans sa chambre pour y déposer ses affaires... Et surtout la jouer tactique pour la suite. Il venait de découvrir que la salle de bain était commune, ce qui était tout sauf une bonne nouvelle. Déjà, ce qui l'inquiéta automatiquement, fut la manière dont il allait pouvoir changer ses bandages et en fait juste les cacher. Il s'était maudit à nouveau, se disant qu'il allait devoir se laver à des heures improbables pour être sûr de croiser personne. Il s'en voulait de se scarifier, mais de la même manière, il savait que s'il ne le faisait pas, il risquait de passer à l'étape supérieure. Et sa pensée le mena aux médicaments dans son sac. Il fallait les planquer quelque part dans la commode... Il avait presque envie de ne pas les retrouver ensuite, comme effrayé à l'idée d'à nouveau en prendre trop et finir de la même manière sacrément malade... ou à l'hôpital. Ce genre d'addictions allait avoir sa peau autant qu'elles la lui sauvaient..
Il cacha donc le pot entre ses vêtements propres pour remettre le tout dans une petite armoire, avec les autres produits. Vraiment... Il avait l'impression d'être un dealer de drogues poursuivit par les flics. Il alla ensuite déposer sa boîte avec quelques pâtisseries françaises sur sa table de nuit, songeant qu'il partagerait sûrement avec le manager le soir-même ou le lendemain.
Il entendit soudainement frapper et se figea net, imaginant presque un malheur comme justement un flic à la porte. Pourquoi ? Il n'avait pas de drogues... Enfin il lui semblait.

« Je t'attends à l'extérieur. »
entendit il dire à la porte.

Il avisa à nouveau la petite boîte dans l'armoire, et retourna la chercher pour la fourrer dans sa veste avec son portable et son porte-monnaie. Finalement, on ne savait jamais... Au pire, il n'aurait qu'à faire une distribution d'anti-dépresseurs à Kang Jun pour bader en équipe sur une plage... Ce qui était vraiment une idée de m*rde.
Il ressortit à son tour, apercevant à nouveau le regard de la dame de l'accueil. Elle l'interpella à moitié, pour demander quelque chose comme "Il est charmant votre ami, est il encore libre ?", ce à quoi Lunaire ne répondit évidemment pas, l'ignorant au possible en évitant jusqu'au moindre contact visuelle.
Retrouvant Kang Jun à la sortie, mains dans les poches et jouant avec les cailloux avec ses pieds, l'androgyne esquissa un bref sourire. Même s'il se disait que ça allait très mal se passer, il la jouait extérieurement positif. Il devait prendre soin de son aîné après tout !
D'ailleurs, en se mettant en marche vers le port, la première chose qu'il exprima, non sans une pointe d'inquiétude fut :

- Hum... La dame de l'accueil a l'air plutôt bizarre. Si vous... tu as peur tu peux toujours venir dans ma chambre. Et si tu fais des cauchemars aussi, ce n'est pas bien de rester seul dans ce genre de situations. Et je ne me moquerai pas de toi, promis.

Il se souvenait d'une sortie imposée, où il avait finit avec un troupeau d'élèves à venir dans sa chambre le troisième soir. Le premier, il avait récupéré une fille plutôt populaire qui pleurait dans le couloir parce qu'elle avait fait un gros cauchemar. Il avait été si efficace pour la calmer qu'une rumeur s'était répandue, et au final, il avait passé une nuit blanche à couver ses camarades de promotion pour leur dernier soir.
Il ne serait pas spécialement incommodé si Kang Jun venait dormir avec lui pour être rassuré... Sans arrières pensées, bien entendu, ça lui avait complètement quitté l'esprit. Il pensait juste comme un gamin qui voulait à tout prix jouer les grands frères. En fait, il était un peu dans cet état qu'on lui prêtait souvent dans les médias...
L'androgyne avait relevé les yeux pour apercevoir pas loin des mâts, et le son de la mer. Fasciné, n'ayant jamais été sur la côte, il n'avait pas vraiment sut quoi faire sinon garder les yeux rivés vers la mer qui se profilait peu à peu. L'odeur de poisson était soudainement plus supportable, mélangée au sel et au bruit de quelques oiseaux dont il ignorait le nom.
Il n'y avait pas un chat autour d'eux... Enfin, si, un gros matou roux avec de grands yeux jaunes et un énorme ventre qui semblait de toute évidence incommodé par l'arrivée de ces intrus. Encore appelé par son instinct de papa poule, Lunaire l'avait un peu observé pour voir s'il avait un collier, et, voyant qu'il en avait un, pu donc être un peu plus rassuré pour reporter son attention sur Kang Jun.

- C-Ce chat a l'air de bien mangé, mais est-ce que c'est ton cas ? Et tu as l'air fatigué...

Il détailla à nouveau du regard les traits du manager. Il ne semblait pas pouvoir beaucoup dormir, c'était inquiétant. Personne donc ne faisait jamais attention à lui à l'agence ? Qui y avait il à la Joy Play qu'il connaissait... Woo Jin ? Il ne le voyait pas du tout traîner avec Kang Jun. Yun ? Est-ce que les Factory avaient seulement le temps de respirer ? Margaret... Tiens, Margaret... Il devait bien la connaître, mais de toute évidence, ce n'était pas à elle de couver le manager. Et puis, avec un air presque entendu, le soliste se dit qu'elle était trop jeune pour assumer autant de responsabilités (ne sachant de toute façon pas quelle âge elle pouvait bien avoir, mais la considérant comme une petite-soeur quand même).
Et sinon, il ne connaissait pas d'autres personnes à la JP de manière plus personnelle. Mais le fait d'avoir repensé à l'adorable membre des Seven Diamonds l'avait inévitablement entraîné à s'inquiéter de comment elle pouvait aller :

- Comment va Margaret ? J'espère que tu n'étais pas trop fâché contre elle parce qu'elle était sortie de l'agence sans prévenir... Elle ne pensait certainement pas s'éloigner autant de la Joy Play. Elle a vraiment l'air de beaucoup tenir à toutes les autres membres... Et à v-toi aussi, certainement.

Il sourit innocemment. Repenser à Margaret avait un côté apaisant. Avec ses joues en forme de mochi elle attirait vraiment la compassion. C'était impossible de lui en vouloir. Et en même temps, Lunaire tenait aussi plus ou moins à dire que malgré tout, Kang Jun était aimé par les filles du groupe. C'était important, de savoir qu'il y avait des gens pour qui on comptait.

- Et... Même si vous... tu n'y crois plus, tu comptes aussi pour moi.

Est-ce que ce n'était pas encore trop brutal de dire cela tout de suite. Il n'en savait rien. Il regardait à nouveau la mer, le regard perdu dans l'immensité bleutée. Il avait l'impression qu'il allait se perdre dedans, qu'il allait se noyer entre les ondulations de l'eau... Et peut-être que ce n'était pas si mal.
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Sam 13 Avr - 14:40
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Hyun Kang Jun
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Puissions-nous nous retrouver.
Il finit par me rejoindre. Je ne me tourne vers lui que lorsqu'il amorce la conversation.
La vieille dame est assez étrange et suspicieuse, je l'ai remarqué aussi. Son regard de toute à l'heure m'en a presque donné des frissons. C'est comme si ma mère me draguait. L'horreur absolue !
Avoir une relation avec une femme un peu plus âgée que moi, je pense qu'en soit, ne me dérangerait pas. Par contre, il faut que la femme soit très attirante, c'est-à-dire que j'ai le coup de foudre pour elle. Sinon, bye bye la vieille.
Pour les préférences, je crois que je n'en ai pas. Brune ou blonde, grande ou petite, quand je parle d'une relation qui va au-delà d'une nuit, son physique m'importe peu. Par contre, la personne doit avoir au minimum de l'intelligence, car ce que je déteste au plus haut point ce sont les imbéciles. Par exemple, les meufs qui passent plus de temps derrière leur portable à se prendre en photo, trouver la bonne parmi les centaines de prises et de la poster sur instagram, ce qui lui a bouffé une bonne partie de la journée.  Tout ça, pour avoir des commentaires de personnes qu'elle ne connaît pas et qui en vrai, en n'ont rien à battre de sa personne. Pour moi, ça s'est de l’imbécillité.

Les remarques de Lunaire m'ont soudainement provoqué un rire étouffé, et comme un poil que s'est fixé au fond, je racle ma gorge pour la décombrer. Je prends appuie sur une jambe et lève l'autre en mimant un équilibriste. Je me penche sur le côté et donne un léger coup de coude sur les côtes du garçon.

« Je n'ai plus cinq ans, tu sais. Mais... c'est très prévoyant de ta part, merci. »

Le pied à nouveau sur le sol, je contemple le paysage lointain. Pour l'instant, je ne change pas d'avis. Plus tard, j'aimerais toujours autant habiter près de la mer. Être ici est tellement reposant et vivifiant, avec ce vent frais qui caresse notre chair à trente-sept degré. Les bruits des vagues qui s'attardent sur le sable me font complètement planer.

Une petite tension au niveau du cou me gêne. La tête penchée, je tente de la faire disparaître en me massant cette partie. Le front plissé, je sens une légère douleur. Peut-être que j'ai pris une mauvaise position en dormant hier soir. Ou peut-être que je n'ai pas assez dormi. Heureusement que tous les matins, j'avale des compléments alimentaires. Magnésium, vitamines et autre booster de santé. Toutefois, le médecin m'a conseillé de ne pas trop en abusé et de ne pas négliger le besoin de dormir. Sauf que j'ai l'impression que plonger dans le sommeil est une perte de temps. Du coup, depuis quelques années, la caféine et la théine sont mes amies. Elles me sont essentielles pour assumer mon quotidien.

Lunaire me parle d'un chat que je cherche du regard. Il a l'œil parce que je n'avais vraiment pas fait attention à cet animal. Il faut dire aussi, que les animaux et moi, nous n'avons pas une grande histoire d'amour. Contrairement à de nombreuses personnes qui m'entourent, je ne suis pas intéressé par eux. Je n'ai pas de curiosité particulière envers ces créatures. À mon goût, elles demandent trop d'attention et au final, nous terminons par trop nous y attacher. Quand elles partent, nous sommes tristes. Le même principe qu'avec les hommes à vrai dire. Sauf qu'il paraît que les animaux sont plus loyaux. Si j'évite toute relation trop soudée déjà avec les hommes, ce n'est pas pour le faire avec les bêtes.

« Mh. »

Je hoche la tête comme pour affirmer ses dires. Le cacher ne servirait à rien, je pense que la mine que j'ai aujourd'hui en dit long sur mon niveau de fatigue.

« J'ai eu et j'ai pas mal de boulot en ce moment. »

Beaucoup de projets se sont accumulés à la Joy Play. En mars, est sorti le premier album des Seven Diamonds, tout comme l'EP de Queenie. Sur le même mois, j'ai dû assumer à la fois, le groupe et la soliste. Le repos, je n'en ai pas eu beaucoup. Par chance, ma santé est solide. J'ai une bonne alimentation, je continue de faire du sport et je prends les fameux compléments alimentaires. C'est ce qui m'a permis de ne pas terminer à l'hôpital.
J'ai des obligations et je dois les tenir. Sinon, qui ferait mon travail ? Je suis arrivé fin juillet à la Joy Play. Depuis tout ce temps, j'ai essayé de maintenir un état de santé stable pour ne pas manquer un seul jour. De plus, dans la globalité de mon travail, j'essaye toujours de prendre de l'avance. Le problème, c'est qu'en prenant de l'avance, je me lance sur d'autres projets. Et, ainsi de suite, m'entraînant dans un cercle vicieux du travail.

Margaret, était une fille que j'avais demandée comme stagiaire au sein de l'agence. Je l'avais eu en entretien et elle me paraissait vraiment dans les cordes pour être chargée du poste d'assistante. Son rôle consistait à se charger de quelques paperasses et de dossiers administratifs que je partageais avec elle, et de joindre les filles la journée durant quelques heures. Ce stage avait pour but de lui montrer l'autre visage d'une agence musicale. Les artistes parviennent à être autant médiatisés grâce au travail fournis par les membres cachés dans les bureaux des agences. Ils ont tendance à être trop oubliés. Ce sont souvent eux que les artistes remercient quand ils reçoivent un prix, parce que contrairement aux idoles, ils ont décidé de ne pas paraître devant la caméra. Ils n'utilisent pas leur image, leur visuel pour gagner de l'argent. Ce qui d'une certaine manière est plus facile à gérer lorsqu'on voit la concurrence beauté qui se créée chaque jour dans cette société ! Presque tous les jours, les magazines et les réseaux dévoilent un nouveau Apollon.

« Niveau sécurité et petites cavales, ce n'est plus moi qui m'en charge en ce moment. La Joy Play a engagé quelqu'un pour le faire. Je suis d'ailleurs plus souvent à l'extérieur de l'agence que dans ses locaux avec les dernières activités de Queenie et des Seven Diamonds. Mais, la dernière fois que je l'ai vu, elle avait l'air de bien aller. »

Les petits à-coups de mon visage affirment mes informations.
Je ne suis pas au courant de tout ce qu'il se trame à la Joy Play, même si j'essaye de l'être. Malgré que je ne suis pas un grand fan des réseaux sociaux, j'y traîne de temps en temps et des fois, c'est via leur utilisation que je découvre certaines choses concernant mon groupe et les autres artistes de la maison. Après, tout n'est pas à prendre, car certains textes sont faux ou transformés. Bref, ce n'est pas nouveau...
Par contre, ce qui l'est, c'est ce que vient de me dire Lunaire. J'ai bien entendu que je comptais pour lui ? Depuis quand ? Est-ce qu'il dit ça pour mettre de la pommade sur mon cœur blessé par son absence ? En tout cas, c'est ce que ça me donne comme impression. Cependant, je n'ai pas envie de partir en querelle. Je ne suis pas venu avec lui pour me prendre la tête. Je décide donc, de jouer la carte de l'humour et de la sympathie.

« Je, quoi pour toi ? »

Je lui tends mon visage, dirigeant mon oreille vers sa bouche, grimaçant comme si je n'avais pas bien entendu ce qu'il vient de me dire.
J'étire mes bras en prenant une grande inspiration. Je n'attends qu'il répète pour rejoindre le port. Je me place en tête de marche et quelques mètres plus loin, je me retourne vers Lunaire. Je continue de marcher, mais en sens inverse. Mon doigt pointe ses cheveux.

« T'es mignon en brun aussi. »

Un sourire discret, qui n'assumerait presque pas ces mots, étire mes lippes. Je fais à nouveau un tour sur moi-même pour marcher correctement et surtout, pour ne pas manquer le chemin.

Arrivé sur le port, je regarde les bateaux de pêche. Certains sont très vieux à en juger par rapport à l'état de leur coque. D'autres étaient salis par des algues vertes et noirâtres et toutes sortes de coquillages avaient immigrés sur la construction.
Au bout, mon regard balaye les horizons très plats. C'est plaisant de ne pas avoir la vue encombrée par les immeubles, des câbles et des panneaux publicitaires. Lorsque Lunaire est proche de moi, j'attends un instant, avant de capturer rapidement le haut de ses avant-bras et de le bousculer vers le vide.

« Attention ! »

Je le retiens fermement et le ramène vers moi. Les jeux d'enfant ne quitteront pas qu'aussitôt mon cœur.


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Sam 13 Avr - 16:55
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Seon Lunaire
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L'endroit dont nous avions rêvé
featuring. @Hyun Kang Jun
 
C'était vraiment beaucoup plus fort que lui, Lunaire ne pouvait pas s'empêcher de chercher à couver les autres, même en sachant qu'ils pouvaient avoir une fierté exacerbée. C'était peut-être aussi ce qui le rendait attachant..? Mais c'était dans cette philosophie de vie qu'il avait grandit, et il n'y avait jamais renoncé. Pourtant, peut-être qu'il aurait dû le faire, parce que les mots ne suivaient pas forcément les conséquences. "Aide les autres, et tu comprendras pourquoi je ne regrette rien". Il y avait des mots où il s'en voulait de ne plus y croire, comme à cet instant. Mais fallait il croire pour continuer à faire quelque chose ? Il n'en savait rien.
En entendant le rire étouffé du plus âgé, il fit une légère moue insatisfaite. Il se moquait ? Ce n'était pas stupide pourtant. Les cauchemars, ce n'était vraiment pas agréable, surtout quand ils étaient particulièrement réalistes ou issus de traumatismes. Heureusement, il n'était pas spécialement moralisateur, et il se sentait mal placé pour lui expliquer ce qu'était un traumatisme. Il était évident pour lui que le manager à côté en avait. Beaucoup trop, probablement...
Il laissa Kang Jun lui donner un léger coup de coude dans les côtes, un peu surpris par ce geste. Il fallait dire que s'il avait traîné plus souvent avec des gens, s'il avait eu "des potes", comme on dit, peut-être que ça lui serait plus arrivé. Mais à vrai dire, personne avant sa meilleure amie n'avait fait ça avant. Sa meilleure amie... Son regard s'était voilà l'espace d'une seconde, juste le temps qu'il la chasse de ses pensées.

« Je n'ai plus cinq ans, tu sais. Mais... c'est très prévoyant de ta part, merci. »


Peut-être que derrière cette réponse, il y avait surtout une certaine fierté. Une fois adulte, il y avait une pression énorme pour être toujours courageux et supporter en silence, bien plus qu'en étant enfants. Il voulait juste être certain que, si quelque chose se passait, pour une fois Kang Jun saurait qu'il n'était pas seul. Mais apparemment, l'idée de se faire consoler comme s'il était un bébé ne plaisait pas au manager des 7D.
Celui-ci avait renoncé à faire le funambule. Lunaire ignorait si c'était à cause de lui ou non. Peut-être qu'il avait été vexé par sa remarque ? Et donc peut-être qu'il essayait de jouer l'adulte... Alors qu'il était déjà adulte, et que le soliste trouvait cela vite absurde, cette histoire "d'avoir l'air adulte". Il aimait bien aussi, ce comportement un peu enfantin qu'avait Kang Jun. Il ne pouvait probablement pas se comporter ainsi à Séoul... Alors s'il pouvait en profiter maintenant, le compositeur ne voulait pas être un obstacle.
Il continua à l'observer parfois du coin de l'oeil, comme pour veiller à ce qu'il ne fasse rien de dangereux, le voyant soudainement se masser le cou avec une expression douloureuse. Inquiet, il n'osa toutefois rien demander. Il nota simplement qu'il allait falloir faire attention à ne pas lui faire faire des mouvements qui pouvaient le blesser.
Son regard croisant un gros matou sur le port, il en profita pour faire un lien entre l'état de la bestiole et Kang Jun, comme pour faire mine de ne pas s'être inquiété tout le long de leur petite marche. Il se focalisa plus à détailler ses traits et y trouver de la fatigue, plutôt qu'avouer de but en blanc qu'il l'avait à moitié espionné pour se rendre compte qu'il avait des douleurs articulaires. Dit comme ça, il eut une brève pensée comme "mamie aussi avait des douleurs, et je pouvais l'aider à les calmer alors peut-être que...". Puis, réalisant que c'était un peu méchant d'associer le manager à sa mamie, il se ravisa.

« Mh, il avait hoché la tête, J'ai eu et j'ai pas mal de boulot en ce moment. »

Lunaire s'en doutait bien... Entre les Seven Diamonds et Queenie. Il n'avait encore jamais écouté les travaux de Queenie. Tout ce qu'il savait, c'était qu'elle était très jeune, et que, sur Internet, ça avait notamment causé débat quant à sa capacité à gérer avec sa célébrité si tôt. Étant donné son statut, Lunaire n'avait pas le droit de se positionner, mais il s'était quand même juré d'aider la petite soliste si jamais ça se passait mal pour elle.
Il se posa ensuite des questions sur Margaret. Après l'avoir raccompagnée à l'agence, il n'avait plus vraiment eu de nouvelles. Et puis, il fallait dire qu'il l'aimait bien, alors s'il pouvait savoir comment elle allait...

« Niveau sécurité et petites cavales, ce n'est plus moi qui m'en charge en ce moment. La Joy Play a engagé quelqu'un pour le faire. Je suis d'ailleurs plus souvent à l'extérieur de l'agence que dans ses locaux avec les dernières activités de Queenie et des Seven Diamonds. Mais, la dernière fois que je l'ai vu, elle avait l'air de bien aller. »

"Elle avait l'air d'aller bien", ça ne le rassurait pas vraiment pour Margaret. Ni pour Kang Jun. Ils devaient tous être si fatigués... Il avait envie de veiller sur tout le monde, de les enrouler comme des petits sushis dans un plaid tout doux après leur avoir donné des gâteaux s'ils en voulaient, et de rester avec eux jusqu'à ce qu'ils s'endorment, quitte à devoir leur raconter des histoires ou leur chanter des berceuses. Oui, en fait, Lunaire était le gardien parfait pour s'occuper des gens ayant l'alcool triste.
Il chercha toutefois à essayer d'apaiser l'atmosphère, ou au moins à recréer des connexions avec le manager. Il n'aimait vraiment pas l'ambiance froide qu'il y avait. Même si le plus âgé semblait sourire, il avait la désagréable impression qu'il restait très lointain. Hypocritement, il se disait qu'il n'aimait pas ça. Qu'il ne pouvait pas savoir quoi faire s'il agissait ainsi. Cet idiot était du genre à ne pas savoir se rendre compte qu'il devrait plutôt se taire là-dessus.

« Je, quoi pour toi ? »

Il semblait faire semblant de ne pas avoir compris. Le geste était plutôt gamin, mais au moins, Lunaire était fixé sur le fait que Kang Jun semblait salement lui en vouloir. Il comprenait toujours... Mais ça le mettait juste en colère contre lui-même, parce que s'il n'était pas malade, ça se serait passé différemment.
Mais impossible de répéter -de toute façon, il ne l'aurait pas fait-, le destinataire s'était déjà envolé. Quelques mètres plus loin, il se retourna, avec toujours un air presque gamin. Quelques part, c'était rassurant... S'il pouvait arrêter d'essayer d'être trop adulte... Mais la suite prit totalement l'androgyne au dépourvu :

« T'es mignon en brun aussi. »


C'était vraiment cruel. Mais c'était ainsi, et il fixait le sourire discret sur les lèvres de Kang Jun, ayant rougit malgré tout le mal que ça lui faisait. Il ne voulait rien espérer. C'était vraiment cruel, de le faire encore courir comme ça... Il allait y croire, au pardon. Mais de la même manière, il ne pouvait pas s'empêcher de penser à pourquoi il avait changé de couleur. Et ça ne faisait que retourner le couteau dans la plaie, de penser à ce vide... Oui, il avait aussi infligé ce vide, alors qu'il savait combien ça faisait mal. Si ce n'est qu'à la différence, Kang Jun était un quasi-inconnu, qu'ils étaient tous deux vivants, alors qu'elle, elle avait été tout pour lui, et maintenant elle ne reviendrait plus jamais.
Il s'était mis à trottiner vers le plus âgé, bien qu'il aurait voulu courir et le serrer très fort contre lui. Si quelqu'un d'autre disparaissait, il allait juste mourir de chagrin. Il voulait qu'il reste, juste un peu. Il voulait le protéger, il ne voulait pas que d'autres vies s'envolent, même s'il savait qu'il aurait beau essayé de porter tout le monde, il y en aurait toujours à tomber... Même en savant ça, il ne pouvait pas changer d'avis, et ça le rendait complètement malade.
Il ralentit à nouveau quand il fut un peu plus proche pour tenter de se calmer à nouveau. Il devait essayer de profiter... S'il ne cessait pas de se mettre dans de tels états, il allait juste être de mauvaise compagnie. Son regard recroisa alors les coques des bateaux, et l'horizon à perte de vue. On pourrait croire qu'il n'y avait pas de bout. Il n'avait jamais vu quelque chose comme ça, il avait toujours vécu en ville, ou en périphérie. Mais la mer, et l'horizon, c'était vraiment une vision particulière...
Il s'était à nouveau arrêté pour observer, ne se doutant absolument pas que sa sérénité nouvelle allait à nouveau être troublée. Il profitait juste de l'instant, perdu dans ses pensées, un peu rêveur. Il écoutait le son des vagues, et il essayait de le mémoriser, de se laisser porter. Il aimait bien, cette sensation d'être possédé par le son...
Mais bon, il avait fallut que Kang Jun lui fasse une grosse frayeur, il avait crû tomber, apercevant le bord du ponton, la mer soudainement menaçante.

« Attention ! »

Au dernier moment, il avait été retenu et ramené contre le manager. Il n'avait pas crié, mais ce qui était certain, c'était qu'il était complètement tétanisé. A vrai dire, ce genre de coup, il n'avait jamais aimé ça. Il n'avait jamais connu de bousculades amicales, toutes les dernières fois, ça avait été dans l'espoir de le faire tomber des escaliers, ou d'un quelconque perchoir. Et de la même manière, il était tout sauf fan des sensations fortes, froussard comme il était. Le pire ? C'était peut-être que Kang Jun ait eu la mauvaise idée de l'attraper par les avant-bras. Le contact l'avait piqué, ça avait été franchement douloureux, et il s'était tant bien que mal retenu de verser la moindre larme tant c'était désagréable.
Après quelques secondes, pas forcément remis de sa frayeur, mais assurément remonté, il avait eu un geste de recul, échappant au plus âgé avant de mettre une distance, incapable de cacher la terreur dans ses yeux.

- S'il vous plaît... Pas ça.., avait-il dit d'une voix blanche, se tournant à nouveau vers l'horizon pour tenter tant bien que mal de se ressaisir.

Il avait oublié de tutoyer Kang Jun, mais de toute évidence, ce n'était pas sa principale préoccupation. Il devait se calmer, et se rappeler de ce qu'il devait faire. Il devait faire des efforts. Il ne devait pas être aussi dur avec le plus âgé. Avant tout, il devait l'aider, et être gentil...

- Désolé, je n'aurais pas dû réagir comme ça, il parvint à esquisser un sourire, Je suis désolé si ça t'a blessé.

Il s'était approché à nouveau, comme pour lui signifier qu'il n'avait plus peur. La vérité, c'était que ça lui était resté en travers de la gorge, et qu'il n'était pas près d'oublier. Mais bon, il avait du mal à assumer sa propre rancune, et il préférait être un gamin gentil, alors il avait attrapé les mains de Kang Jun, avant de lever les yeux vers lui pour lui sourire à nouveau. Un éclair de malice avait traversé son regard, tandis qu'une idée venait de le sauver d'un instant gênant où il n'aurait pas su quoi dire.

- Tu crois que l'eau est froide ? Tu serais capable de plonger tout habillé ?

Il avait doucement lâché ses mains, et s'était approché du bord, à un endroit assez espacé entre deux bateaux. Très peu pour lui, de se manger une coque dans la tronche... S'il allait le faire ? Bien sûr. Il devait se ressaisir. Ça ne pouvait que le réveiller, et montrer à Kang Jun qu'il n'avait rien fait de mal, et que seul le plus jeune était responsable d'avoir eu peur "pour rien". Bon, il n'était clairement pas rassuré. Il avait toujours été du genre jusqu'à éviter de dessiner ou d'écrire au tableau entre deux cours pour ne pas se faire gronder par le professeur.
Il avait enlevé sa veste, peu motivé par l'idée de noyer son portable, puis s'était déchaussé avant d'éviter de trop réfléchir pour s'asseoir au bord du ponton et sauter. L'eau n'était vraiment pas chaude, comme il aurait pu le prévoir, mais le contact avait été si violent qu'il s'était rapidement acclimaté. Le seul problème, c'est que du coup, le sel piquait vraiment ses blessures. Il regretta un peu son geste, donc, ne pensant pas que ça aurait autant attaqué sa peau. Remontant à la surface, il s'éloigna un peu pour laisser de la place au plus âgé pour le rejoindre.

- Allez, tu as peur de te mouiller ? ~

Il laissa échapper un léger rire innocent, passant une main dans ses cheveux pour chasser une mèche qui lui allait dans les yeux. A s'entendre ainsi, il se disait que, peut-être que si, il serait bon acteur. Parce qu'il n'aurait jamais fait ça de son plein gré pour s'amuser. Déjà parce qu'il fallait sauter, ensuite parce qu'il n'était pas si confiant envers ses capacités de nageur, parce que l'eau était froide, et parce que bordel, il regrettait de s'être scarifié la veille, parce que du coup, il douillait salement.
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Sam 13 Avr - 20:32
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Puissions-nous nous retrouver.
Lunaire est distant. De part mon geste trop inattendu, il s'est refermé dans sa coquille. Il n'a pas l'air d'être content. Mon action, avait-elle été trop brutale ? Je ne m'en rends pas bien compte. J'ai été maladroit.
C'est sûrement à cause de mon incapacité sociale que je n'ai pas d'amis. Ma maladresse avec autrui est sûrement la cause de mes week-ends solitaire. Pourquoi ai-je agis ainsi ? Comme je peux être un abrutis...

« Ex... Excuse-moi, je ne voulais pas t'effrayer. »

J'ai encore tout foiré. Que je ne vienne pas me plaindre de mon célibat présent dans tous les domaines humains : amical et amoureux. L'unique où je suis moins seul, c'est au boulot, même si à regarder de plus près, je ne reste pas plus accompagné.
Je pense que je mérite ma situation dans laquelle je me trouve depuis de nombreux mois. Malgré le fait que je m'acharne à bien travailler, à produire toujours plus, je suis un cancre en relations sociales. J'ai toujours merdé là-dessus Ils avaient peut-être raison, ces gamins de mes souvenirs. Je crois que je suis utile, alors qu'en fait, je ne sers à rien. Aujourd'hui encore, je cherche mon utilité.

Lunaire est si doux. Lorsqu'on le voit, l'envie de le câliner nous ronge de l'intérieur. Son visage inspire la gentillesse. Dans mon cas, ce que j'ai souvent entendu, c'est que j'ai un air séducteur ou de "monsieur, je me la pète". Des descriptions, des surnoms et des attributs très différents des siens. Lui, il  inspire la confiance et moi, la méfiance.
Lui, c'est sûrement, à jamais
Et moi, jamais.

Je le vois s'éloigner, encore une fois. Définitivement, toute personne, à la fin, part loin de moi. Je dois vraiment être nocif. Avoir un goût amer. Tel un fruit, qui au début, nous sommes tentés de croquer dedans par son enveloppe charnelle si séduisante. Et, une fois que nous avons croqué dedans, son goût répulsif nous dégoûte. Alors, nous finissons par laisser de côté ce fruit, qui à son insu, garde notre marque sur lui.

Pourquoi s'excuse t-il ? Ce n'est en rien de sa faute. Arrête Lunaire. Déjà, en temps normal, je me serais enfuie après ta dernière réaction à cause de ma stupide fierté. Je suis resté parce que je ne veux pas faire de cinéma et que je suis là, avec toi pour... Pour quoi, en fin de compte ? Pour nous libérer ? Sommes-nous vraiment en train de nous libérer ?

Il me prend les mains. Je n'ai pas l'habitude de ce genre de contact. Venant de Lunaire, les contacts ont l'air d'être fréquents. En fait, nous sommes tactiles tous les deux, mais à notre manière. Moi, c'est bref, lui, c'est plus insistant.
Je ne hais pas la tendresse, je n'y suis juste pas habitué. Je l'ai évité très longtemps, peur qu'elle ne touche mon cœur à nouveau et qu'elle le détruise encore. Je suis faible parce que j'ai peur d'être blessé. J'ai l'impression qu'à la prochaine blessure, je ne pourrais me relever. Et ça m'effraie.

Je ne veux même pas lui répondre. Non, en vrai, je ne peux pas lui répondre. Ma gorge est tellement serrée. Elle me pique et se tord de l'intérieur. J'essaye de me contrôler. Les sentiments doivent se la boucler et s'enterrer. Je ne serais pas faible aujourd'hui, sous les rayons du soleil.

Il délaisse délicatement mes mains. Je me mets le spectateur de sa scène.
Est-ce une bonne chose que je me rapproche de lui ? Lunaire me paraît fragile et il est encore jeune. En tant qu'aîné, je devrais prendre mes responsabilités et m'éloigner. J'ai peur qu'il s'accroche et qu'à la fin, ce sont les larmes qui s'accrochent à ses joues.
Le regard figé sur sa mèche dans les yeux, je me perds à penser aux impossibilités. Puis, je me dis, qu'il est question que d'un week-end. Profitons des dernières heures qu'il nous restent.

« Je vais là, où tu vas. »

Je lui souris dramatiquement et plonge tel un piquet dans l'eau froide. Dedans, je me laisse remonter doucement. J'ouvre les yeux dans ce cadre trouble et peu descriptible. Quelques bulles d'air s'échappent de mon nez et je stagne, ici et nul part.
La raison secoue mes pensées dispersées et je me pousse pour rejoindre la surface. En haut, je reprends une grande inspiration et je plaque mes cheveux en arrière. Je regarde Lunaire, juste en face de moi pendant que les gouttes d'eau ruisselaient sur mon visage fatigué.

« Elle n'est pas très chaude... »

Mes sourcils se froncent et un sourire tendu ondule mes lèvres. Puis, je refixe cette mèche.
Je nage vers lui, qui recul et proche du pont, je prends appuie sur le bois d'une seule main. Avec l'autre, je caresse son front et remonte, vers sa chevelure, la mèche pour la placer hors de son visage.

« Ça va moins te gêner comme ça. »

Sous l'eau, mes jambes touchent brièvement les siennes en nageant près du petit pont.
Et voilà que mon regard se plonge dans le sien. Quelques secondes, je perds le file du temps. Ce garçon me semble si délicat. Et alors que je cesse d'être perceptible, je me recule après quelques coups de brasses.

« Je te défis sur qui sera le premier à rejoindre le bord, où se trouve le drapeau. »

Je lui pointe du doigt le drapeau bleu peut-être pour signifier une information spécifique aux pécheurs.
Il est temps de bouger, temps de ne plus y repenser.

« 1... »

Je décide de faire le décompte. Sauf que pour les deux prochains nombres, j'accélère la cadence et pars après le dernier.

« 2, 3 ! »

Me voilà parti, sans attendre le garçon qui a sûrement loupé le départ. Je me la suis jouer vicieux et je n'en suis pas moins heureux. Au cours de mon crawl, je jette de petits coups d'œil sur le garçon, essayant de voir s'il suit la cadence. Il me suit de près et étrangement (ou non), ma vitesse se fait moindre et Lunaire passe en tête ! Il me dépasse et arrive le premier !

Le dernier sorti de l'eau, j'applaudi son exploit.

« Bravo, félicitation à toi. »

Je m'essuie le visage entre deux car, l'eau s'infiltrait dans mes yeux.

« Étant le vainqueur, tu as gagné le droit... »

Je réfléchis un instant. Je me retourne, regarde un peu tout et rien, comme pour trouver un indice ou de l'inspiration. Et les mains posées sur les hances, je lui annonce son trophée.

« Tu as le droit de me faire faire ce que tu veux aujourd'hui. »

Tous ceux qui m'ont fréquenté savent que je suis très joueur. J'aime lancer des défis, des paris qui peuvent ne donner, juste un instant, un peu d'accélération à mon cœur endormi.


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Dim 14 Avr - 13:42
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Seon Lunaire
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soliste & compositeur (lune)


L'endroit dont nous avions rêvé
featuring. @Hyun Kang Jun

Peut-être qu'il n'aurait pas dû fuir. Mais Lunaire le réalisait trop tard, encore une fois. Et de toute évidence, aurait il pu vraiment réagir autrement ? Il se disait "oui" par simple culpabilité, mais d'un point de vu plus réaliste, il était évident qu'il n'aurait pas pu rester si serein. Il se sentait vraiment mal d'avoir réagit ainsi... Kang Jun allait croire qu'il avait fait quelque chose de mal, alors qu'il n'avait pas de mauvaises intentions, n'est ce pas ?

« Ex... Excuse-moi, je ne voulais pas t'effrayer. »


Il ne voulait pas l'entendre dire quelque chose comme ça. Pourtant il ne pouvait pas empêcher les autres de dire ces mots, même s'ils étaient douloureux. Mais il avait l'impression que son interlocuteur pouvait être brisé par ces mots, que ça le fragilisait inévitablement, comme s'il se craquelait à chaque son. Mais si la coquille se brisait, ce ne serait pas forcément pour le meilleur...
Et Lunaire ne voulait pas blesser les autres, ou du moins, éviter au maximum d'être responsable de leur douleur. Il avait déjà fait assez de mal à Kang Jun, alors il s'était à nouveau rapproché pour s'excuser. Il ne voulait pas qu'il croit que c'était de sa faute, il ne voulait pas creuser à nouveau un précipice entre eux. Il avait l'habitude d'exagérer les distances dans sa tête, peut-être parce qu'il avait toujours peur de décevoir, ou d'être une mauvaise personne.
Le soliste s'était laissé allé à une idée stupide, se retrouvant bientôt dans l'eau à faire du surface en attendant qu'on le rejoigne. Il n'avait aucune garantie que le manager accepte de le rejoindre. C'était peut-être stupide comme idée. En ressortant ils risquaient de chopper un coup de froid...

« Je vais là, où tu vas. »

Le sourire qu'avait arboré le plus âgé avait sérieusement inquiété le plus jeune. Ça n'avait clairement pas l'air d'aller, mais il ne savait pas l'aider à déterrer ce qui n'allait pas sans le froisser. Il l'avait regardé sauter, vérifiant quand même s'il remontait. Il était peut-être un peu catastrophiste, mais il ne voulait vraiment pas qu'il arrive quelque chose de mal à Kang Jun alors qu'il était là... Et surtout pas qu'il se noie.
Mais finalement, il avait retrouvé le chemin de la surface. Un peu plus rassuré, Lunaire laissa un peu retomber sa vigilance. Maintenant, il ne savait pas trop quoi faire, juste content que personne n'ait décidé de profiter de l'occasion pour couler comme une ancre.

« Elle n'est pas très chaude... »


Le commentaire arracha un sourire au brun, qui recula un peu pour laisser son camarade s'accrocher au bois. Et de la même manière, le sourire de Kang Jun semblait moins triste. Ce n'était toujours pas ça, mais Lunaire espérait que ça allait continuer à s'améliorer... même s'il craignait des rechutes. Il devait juste prendre sur lui pour éviter d'avoir de mauvaises réactions, n'est ce pas ?
L'androgyne laissa le manager repousser sa mèche, surpris par le geste. Surpris, mais néanmoins touché. Peut-être que finalement, le plus âgé ne le détestait pas. Peut-être que ce n'était pas vain, qu'il y avait quelque chose à créer...

« Ça va moins te gêner comme ça. »

Il laissa échapper un léger "oui" enthousiaste. C'était cruel, quelque part... Cruel parce qu'il espérait à nouveau une suite, un espoir de reconstruction, un pardon peut-être. Mais l'espoir était destructeur, parce que si rien ne se faisait, il savait qu'il allait encore aller plus mal. Est-ce que c'était mal de vouloir se rapprocher de quelqu'un et de l'aider ? Non, il voulait vraiment plus que ça. Il voulait le protéger, l'aimer, même si cette personne ne voulait peut-être pas d'amis. Pourquoi avait il jeté son dévolu sur Kang Jun en premier lieu ?
A le regarder comme ça, c'était peut-être parce qu'il avait un regard qui était triste au fond. Il sembla alors au soliste qu'ils s'étaient tous deux perdus dans le regard de l'autre quelque seconde, et Lunaire se surprit à encore songer qu'il avait l'air gentil au fond... Bon, il trouvait tout le monde "gentil au fond". Mais cette fois, c'était vraiment particulier, sans qu'il sache trop pourquoi. Il avait l'impression que juste dans ses yeux il pourrait se rapprocher de son cœur, et regarder ce qu'il y avait dedans pour le soigner, pour qu'il ne soit plus tout seul.

« Je te défis sur qui sera le premier à rejoindre le bord, où se trouve le drapeau. »

Il voulait lui dire "Ne pars pas, je ne te veux pas de mal", mais Kang Jun s'était déjà éloigné. Et il l'avait regardé s'échapper avec quelques brasses, alors qu'il aurait simplement voulut l'attraper. Frustré de le voir s'enfuir, il regarda la balise avec la ferme intention d'au moins rattraper son aîné. Il ne devait pas rester derrière... Sinon, il n'allait jamais pouvoir l'attraper... Il allait encore le laisser s'échapper...
Mais le temps d'y réfléchir, le décompte était déjà arrivé à 3, et paniquant un peu, Lunaire partit juste après son adversaire. Il n'était vraiment pas sûr d'y arriver, il n'y croyait pas trop, il fixait juste l'objectif final en se disant "Si seulement je pouvais l'atteindre...". Et évasivement, il se disait que s'il atteignait ce drapeau en premier, peut-être qu'il pourrait espérer connaître Kang Jun pour vraiment le protéger. Cette pensée le motiva, et il fut le premier à arriver au drapeau. Reprenant son souffle, il chassa aussi l'eau, toussant légèrement. Il avait encore bu la tasse, doué comme il était...

« Bravo, félicitation à toi. »

Il esquissa un léger sourire. C'était plutôt amusant de se faire applaudir juste pour avoir gagné une course. Il n'avait pas l'habitude de gagner, mais si cette victoire voulait dire qu'il pouvait mener son projet à bien, alors il n'était pas déçu.

« Étant le vainqueur, tu as gagné le droit... »

Intrigué, Lunaire l'observa regarder un peu tout autour. Est-ce qu'il cherchait une idée ? Ou hésitait il à en faire part ? Il ne comprenait pas bien, le regardant simplement s'accrocher à la balise. Il semblait avoir trouvé...

« Tu as le droit de me faire faire ce que tu veux aujourd'hui. »

Penchant la tête de côté, le compositeur peina à comprendre. Quoi ? Il prenait ce risque ? Mais il était bien au courant de ses intentions pourtant, non ? Il n'avait pas peur ? Il allait sûrement regretter sa décision... Mais de la même manière, il était clair que pour Lune, c'était une occasion parfaite pour comprendre mieux son nouveau protégé.
Il pouvait bien lui interdire de s'enfuir alors ? Mais n'était-ce pas un peu cruel ? Il n'arriverait jamais à lui demander de faire des choses sans lui demander son accord... En tout cas, pas sur la longueur !

- Hum... Tu n'as pas peur que je te demande des choses dérangeantes ? Ça ne te fait pas peur... de prendre des risques comme ça ? demanda t-il, inquiet.

Ça se trouve, il disait à tout le monde ! Peut-être que les gens profitaient de lui ! C'était pour ça qu'il préférait être solitaire, si les gens profitaient de ce genre de décisions coup-de-têtes... Et est-ce que dans ce cas de figure, il n'allait pas non plus profiter de Kang Jun d'une certaine manière ? Cela ne lui plaisait pas du tout, il n'arrivait pas à trouver une alternative sans le froisser en lui disant que son idée était mauvaise.
Le soliste s'approcha à nouveau. Est-ce qu'il pouvait vraiment se permettre des marques d'affection avec son aîné ? Il avait encore peur de lui faire mal. Il avait bien vu, la première fois qu'il l'avait pris dans ses bras, comment il avait eu l'air tendu, bouleversé peut-être... Peut-être seulement parce qu'il manquait d'affection ? Il avait cette vague impression, en voyant à quel point il semblait seul, avec malgré tout un air de gamin maladroit. C'était comme si on ne lui avait pas laissé le temps de grandir, comme s'il n'avait pas reçu assez d'amour pour se développer, et comme s'il avait dû juste se cacher parce qu'il était trop fragile pour survivre à ce monde trop violent.
Malgré tout, il avait déposé son front contre l'épaule de Kang Jun et fermé les yeux. Oui, il pouvait bien lui donner ça...

- Peut-être que tu n'es pas d'accord pour que je te protège, ou pour que je m'approche, mais c'est trop tard maintenant. J'ai juste peur que tu t'enfuisses parce que je me permets trop de choses avec toi. J'ai l'impression que tu crains plus l'affection que l'indifférence.

Est-ce qu'il se trompait ? Il n'en savait rien. Mais il voulait vraiment lui donner ce dont il manquait. Et mieux le cerner aussi, pour ne pas trop le brusquer. Il ne voulait pas non plus le traumatiser. Il devait déjà en avoir bien assez... Autant ne pas en rajouter... Lunaire avait l'impression qu'ils avaient grandit d'une manière bien différente. Il avait plus ou moins compris qu'il y avait quelque chose de sensible autour de la famille de Kang Jun, sans trop savoir si ça concernait directement ce sujet, ou indirectement. Il ignorait aussi la nature de la chose, mais vu qu'il semblait en être éloigné... Oui, il devait vraiment recevoir peu d'affection, alors que Lunaire avait toujours eu une maman aimante pour lui faire des câlins et lui dire qu'il comptait pour elle.
Il se détacha du plus âgé pour grimper à nouveau sur le ponton avant de lui tendre la main :

- Si tu restes trop longtemps là-dedans, tu risques d'attraper froid... Viens. Et puis il y a du soleil, on va vite sécher.

Évidemment, vu qu'avec cette fichue victoire Kang Jun allait obéir, le soliste s'était un peu renfrogné. Non, il n'aimait pas cette idée, ce n'était vraiment pas drôle. C'était le coup parfait pour nier les limites de chacun. Et puis, ça n'allait que dans un sens. Il attendit donc d'être rejoint pour réfléchir à une alternative... Enfin, mater "sans faire exprès" avant, parce qu'au final, les vêtements mouillés ça moulait bien. Fichue non-hétérosexualité...
Il détourna le regard, un peu embarrassé. C'était clair qu'il n'allait pas de si tôt oublier ça... Mais est-ce que c'était si grave ? Pour lui ça l'était un peu. C'était un peu le souvenir d'une adolescence pourrie à regarder les mauvaises personnes, même si ses sentiments n'avaient jamais choisit un genre auquel s'attacher.
Finalement, il pu à nouveau regarder le plus âgé, et esquissa un léger sourire.

- Dans ce cas, à minuit on échange ? Ça me gêne vraiment de vous faire faire n'importe quoi une journée si ça ne marche pas dans l'autre sens, proposa t-il.

Et puis, en fait, s'il fallait jouer le jeu, il devait trouver des choses à lui faire faire. Et vu qu'il était incapable d'être vraiment méchant, il ne savait pas trop quoi chercher. Lui faire manger des trucs bizarres ? Non, pas ça ! Il ne voulait pas qu'il se fasse empoisonner... Il pouvait toujours lui demander des câlins... Oui, c'était bien les câlins... Il avait envie de lui en faire depuis quelques minutes déjà.
Mais maintenant ? Il ne savait pas. Il allait penser qu'il était un vrai gamin, à faire ce genre de choses... Mais au pire, ce n'était pas grave, non ? Il n'y avait qu'eux ici, et clairement, c'était pas les petits vieux du coin qui passaient qui allaient pouvoir leur causer beaucoup d'ennuis.

- Ça veut dire que je peux demander des câlins du coup ? Et à être ton ami au moins aujourd'hui ?

Il avait des étoiles plein les yeux. Il venait de lui proposer d'être amis ? Vraiment ? Alors qu'il fuyait le pauvre Hyon Jun qui voulait la même chose depuis plus d'un an ? Alors que le Hyon Jun en question était son colocataire aussi, accessoirement, donc qu'il le voyait tout le jours, et devrait ainsi mieux le connaître, et plus lui faire confiance... Oui, c'était complètement stupide d'un coup. Mais de la même manière, Lunaire se disait "Il ne me fait pas confiance, donc je veux pas lui faire confiance". Même si, au fond, le premier qui faisait pleurer son colocataire allait avoir des soucies... Enfin, des "soucies".
Mais ce n'était que pour une journée cette fois, peut-être... Et puis, peut-être que si pour une journée il ne pouvait plus avoir un trou au cœur... Il avait désespérément besoin de quelqu'un à qui faire confiance, et qui aurait confiance en lui, même si ce n'était qu'un instant.
gabi le loup


You blew me up like a big balloon far too soon. How did I get here ? It's all so quick, and I feel sick, red pushing down on the green.
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Dim 14 Avr - 17:00
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Puissions-nous nous retrouver.
Me demander des choses dérangeantes... Je me demande bien lesquelles. Est-ce que le garçon serait vicieux ? Pourrait-il me demander de faire des trucs mal placés ? J'en doute fort, il n'a pas l'air d'être très dangereux. Peut-être que je m'avance trop vite et que je devrais me méfier de lui. Il cache possiblement un méchant personnage au fond de lui. Après-tout Satan, n'était-il pas le plus beau de tous les anges ? Bon, c'est sûrement trop exagéré de le comparer au Diable. Ce jugement est dans l'idée, qu'il ne faut pas se laisser berner par la délicate beauté d'un individu.

« Peur... Pourquoi ? »


Je m'interroge sur la question. De quoi devrais-je avoir peur, des risques comme il le dit ? Qu'est-ce que j'ai à perdre de toute manière ? Pas grand-chose selon moi. Dans tous les cas, nous ne sommes que tous les deux. Dans les environs, la populace se fait rare. L'image que je dois garder pour l'agence n'a pas d'importance dans ce lieu. Et c'est d'ailleurs pour ça que j'ai l'impression de mieux respirer. Pourtant, je n'ai pas l'impression de jouer un rôle lorsque je suis à Séoul. Je pense être moi-même, pas un autre. Par contre, je ne suis pas cent pour-cent celui que je devrais être. Des parties sont dissimulées, se taisent pour mieux avancer. Enfin, c'est ce que je pense. Dévoiler certaines blessures me ferait perdre trop de temps.

« Je n'en mourrais pas de toute manière, quelle crainte pourrais-je avoir ? »


J'ai l'impression que Lunaire a peur de se lancer. A t-il peur de l'inconnu ? Il semble comme interrogé et dérangé lorsque je lui fais part de ma nonchalance que j'ai par rapport à mon sujet. Oui, ça me va de partir avec un inconnu un week-end, et oui, j'accepterai n'importe quoi, parce que je ne sais pas ce que demain me réservera.

Le front de Lunaire se pose contre moi. Les battements de mon cœur s'accélèrent et comme un imbécile, je retiens ma respiration comme si cela allait les calmer. Je n'ai pas envie qu'il les attende. Je ne veux pas lui montrer mon manque de résistance. Dans l'histoire, qui veut protéger l'autre ?

Je vais pour lui répondre, mais je me sens bloqué. Je ne trouve pas les mots et comment formuler ma phrase. Je n'ai pas envie d'en dire trop ou de mal formuler quelque chose. Je ne veux pas être une nouvelle fois maladroit.

« Je ne m'enfuirai pas. Il faut juste que tu me laisses un peu de temps. J... »


Je me retrouve comme la gorge nouée. C'est comme si je ne pouvais plus parler. Les souvenirs remontent à la surface et c'est ce qui m'a fait perdre la voix.
À quoi bon sert l'affection ? Elle m'a juste fait chuter un peu plus dans la déprime. Quand elle a fait partie de ma vie, elle me quittait toujours à la fin. Elle n'a fait que de me ronger à l'intérieur. Elle m'a juste fait sentir de plus en plus seul au fil du temps. Pourtant, j'ai crû en elle et à ses amies l'Amitié et l'Amour qui n'ont fait que tout empirer.
Je soupire pour libérer la pression que je sens monter.

« Je ne veux pas te mêler à mes problèmes. Je n'ai pas envie d'être le poids qui va t'entraîner dans les profondeurs. »

Parler de moi, je n'en ai pas l'habitude. C'est dérangeant, car c'est inhabituel. Partager mes sentiments et mes blessures m'oblige à y faire face et à m'en rappeler. Depuis des années, je tente d'effacer de ma mémoire certaines choses du passée. C'est la seule solution que j'ai trouvée pour continuer ma petite vie. Et n'ayant jamais été très aimable avec autrui, je n'ai jamais voulu et pu me faire de nouveaux amis. Dans ma tête, le mot ami est une grosse connerie.

En prenant la main du garçon, je le rejoins sur le pont. Mon visage porté vers le ciel, je profite du soleil qui nous fait l'honneur de nous exposer ses plus beaux rayons lumineux. En marchant, je ressens la gêne de mes vêtements collés et mouillés contre ma peau. Je sens les gouttes couler un peu partout. Poursuivant Lunaire jusqu'au bout du pont, je tente désespérément les décoller en tirant dessus, mais en vain.

« Je suis le perdant, pas le vainqueur. Ce n'est pas équitable pour toi si nous avons le même gain à la fin. »


Je passe mes doigts écartés dans mes cheveux pour les secouer vers l'arrière. Je me gratte le nez qui doit peut-être me déranger à cause de l'eau salée.

« Par contre, nous pouvons recommencer un jeu demain. Peut-être que les résultats seront équilibrés. En tout cas, je ne te laisserai pas la victoire si facilement. »


Je hausse mes sourcils et mes lèvres s'ondulent vers les hauteurs pour lui montrer mon homme joueur. Je vois bien qu'il hésite. A t-il peur de trop m'en demander ? Si je lui ai dit auparavant, qu'il pouvait me demander n'importe quoi, c'est que je suis prêt à prendre tout les risques qu'il faut.
Sa proposition ne m'étonne pas vraiment. J'ai comme l'impression qu'il veut vraiment que j'arrive à supporter les câlins. Peut-être qu'avec de l'entraînement, je serais moins sur la réserve face à ce geste très rapproché.

« Euh... »


Je suis sur l'attente pendant que mon visage fait des cercles sur lui-même.

« Tu peux me faire des câlins, mais vas-y par étape. Le premier en quelques secondes et tu pourras en faire des plus longs au fur et à mesure. »


Lui dis-je le sourire coincé entre les dents.
Je dois faire des efforts. Lunaire a l'air d'aimer ce genre de contact humain. Si c'est lui qui m'en fait, je peux travailler sur les gestes affectueux. Néanmoins, qu'il ne me demande pas d'en faire. À jeun, cette action me demande trop de travail à faire sur moi-même.

« Aujourd'hui, nous pouvons... être amis. »


Prononcer ce mot, ami, m'a donner comme des vertiges. Depuis combien d'années je ne l'avais pas dit de bon cœur ? C'est une étrange sensation qui parcoure mon ventre. C'est un mélange entre la peur et l'excitation.
L'eau salée me gêne un peu trop. Elle est en train d'attaquer ma peau qui est déjà très sèche ces derniers temps. Je me gratte le cou.

« Et si on rentrait pour aller prendre une douche ? J'ai mon corps qui me démange. »


Rien que d'en parler, j'insiste davantage sur mon cou ce qui me laisse une plaque rouge. Je sens que ça me chauffe, alors j'essaye de me contrôler pour ne pas engendrer une réaction cutanée.



Ainsi, nous rentrons à l'auberge. La femme de l'accueil est toujours derrière son bureau, elle regarde la télévision. Avant qu'elle ne puisse nous parler, j'attrape le poignet du garçon pour le conduire dans une marche accélérée. Il fallait la fuir au plus vite.
Arrivé devant ma chambre, je regarde le garçon d'un air coupable, mais amusé.

« J'ai peur qu'elle ne finisse par me dévorer. »


Le coin droit de ma bouche s'étire et mes épaules donnent un à-coup vers le haut. Ce que je viens de faire n'est peut-être pas très poli de ma part, mais j'étais persuadé qu'elle nous aurait tenu la conversation beaucoup trop longtemps. Et, ce n'est pas avec elle que je veux passer du temps, mais avec le Petit Prince.
Je remarque que je tiens toujours son poignet. Je le lâche immédiatement et tortille mes doigts entre eux. Je pince mes lèvres en regardant la partie que je lui avais emprisonnée quelques secondes avant. Puis, je reprends un air plus naturel.

« Je vais aller prendre une douche. On se rejoint après pour aller manger ? »

Je lui fais un signe de main pour lui dire "à plus tard" et me fonds dans mon entre. Appuyé contre la porte, je soupire et ma tête tombe vers l'avant. Je me demande se qu'il se passe. J'ai l'impression que le temps s'est rallongé. Je me sens un peu stressé à l'idée de m'ouvrir au garçonnet. J'ai peur de le casser.
Je me gratte encore le cou. Il faut vraiment que je me lave pour enlever le sel.

Avant de me rendre dans la partie commune, je prends ma serviette et ma trousse de toilette où s'y trouve tout ce dont j'ai besoin pour me nettoyer. Dans la salle de bain où s'y trouvent trois douches alignées les unes après les autres, je me demande si nous sommes les seuls à occuper les lieux ce week-end. Nous n'avons croisé personne. Franchement, si nous sommes que Lunaire et moi à loger à l'auberge, c'est la veine ! Pas de stress à déranger les voisins pour le bruit.

Mes affaires placées sur un banc, ma serviette pendue contre le mur, je choisis la douche du milieu et allume l'eau. Forcément, je me fais agresser par un jet d'eau froide en premier. Pour que l'eau chaude arrive, j'ai dû attendre plus d'une minute.
À trop me précipiter, j'ai oublié de prendre avec moi les produits. Pensant être seul, je sors nu dans le but de prendre au plus vite les bouteilles en plastique. Je cherche dans ma trousse et prends les deux produits. En me retournant, je tombe sur Lunaire. C'est une partie commune, donc n'importe qui peut entrer pendant que je me lave. J'avais oublié ce détail important. Le temps que l'information monte jusqu'au cerveau, je place les bouteilles devant mon sexe.
Ma bouche ouverte et tremblante, je suis pris de court.

« T... Celle du milieu est déjà occupée. »


Je souris bêtement, gêné de la situation. Et c'est accompagné de ce mal aise que je fais marche arrière pour m'engouffrer dans ma douche.


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Dim 14 Avr - 23:32
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L'endroit dont nous avions rêvé
featuring. @Hyun Kang Jun

Kang Jun n'avait il pas peur d'avoir un espèce de démon face à lui ? Quelqu'un qui agissait gentiment mais était mal intentionné au fond ? Qui pourrait essayer d'à tout prix le détruire ? Bien-sûr, ce n'était pas le cas... Mais malgré tout, n'était-ce pas mieux de se méfier un peu sur ce genre de choses ? Il restait fermé dès qu'il s'agissait de parler de lui, mais il accordait des choses comme "fais moi faire ce que tu veux aujourd’hui". Ça rendait fou le pauvre Lunaire.

« Peur... Pourquoi ? »

Est-ce qu'il le prenait vraiment pour une petite chose fragile, ou..? Le plus jeune était plutôt irrité par cette pensée. L'apparence ne définissait vraiment pas les comportements. Peut-être qu'il avait l'air innocent, mais qui certifiait qu'au fond c'était la même chose ? Pourtant il était incapable de l'exprimer. Et puis même, ne serait-ce pas étrange d'autant insister là-dessus ?

« Je n'en mourrais pas de toute manière, quelle crainte pourrais-je avoir ? »

Et puis, au fond, il n'avait pas intérêt à le fuir... Il devait le rattraper sinon. Il ne pouvait pas le laisser partir comme ça. Il préférait le garder près de lui, pour être sûr de pouvoir le rattraper s'il se brisait. C'était trop dur, de voir les gens disparaître. Il avait besoin de s'assurer que tout le monde était vivant, et allait le rester. Peut-être... Peut-être que ça aurait été mieux si les gens avaient été immortels...
Il s'était un peu laissé allé, le front sur l'épaule du plus âgé. Est-ce qu'il allait s'envoler s'il s'approchait trop ? Ou allait il laisser, et parvenir à s'ouvrir un peu ?

« Je ne m'enfuirai pas. Il faut juste que tu me laisses un peu de temps. J... »

Il rouvrit les yeux, hésitant à arrêter Kang Jun. Mais la voix du manager s'était simplement brisée, comme si elle s'était coincée quelque part dans sa gorge. Et en faisant attention, Lunaire parvient aisément à percevoir ses battements de cœur. Le pauvre... Il semblait vraiment complètement affolé... Il ne savait pas comment aider. Il ne savait pas comment lui donner ce dont il avait besoin sans le mettre dans cet état...

« Je ne veux pas te mêler à mes problèmes. Je n'ai pas envie d'être le poids qui va t'entraîner dans les profondeurs. »


Lunaire avait doucement secoué la tête. Ça, il s'en fichait. Il pouvait l'entraîner dans les abysses, il s'en fichait. S'il pouvait juste rester, et l'aider... Il était vraiment prêt à faire des sacrifices pour les autres s'il fallait. Surtout maintenant qu'il avait l'impression de tout perdre... A part peut-être... Ses yeux s'étaient refermés l'espace d'une seconde pour se remémorer son jumeau. Oui, peut-être que maintenant, il pouvait dire qu'il y avait Jeh Oon ? Il n'en était pas sûr... Il était tellement perdu...
Mais malgré tout, il pouvait bien sacrifier des choses, tant qu'on ne touchait pas à son frère.

- Pas grave, je te remonterai, avait il chuchoté.

Et le compositeur avait à nouveau reculé pour remonter à la surface, avant de tendre sa main au manager. Celui-ci avait accepté de la prendre pour remonter, et juste avant de se relever pour repartir, Lunaire avait reprit ses affaires. Il ne faisait pas trop froid, mais il ne pouvait pas vraiment s'empêcher de greloter malgré tout, repensant à cette fameuse victoire qui avait apporté un prix... plutôt déplaisant. Il avait bien proposé une alternative, mais apparemment, ça n'avait pas plu à Kang Jun, qui avait rétorqué :

« Je suis le perdant, pas le vainqueur. Ce n'est pas équitable pour toi si nous avons le même gain à la fin. »

Le soliste pesta intérieurement, pas du tout ravi par cette contre-attaque. Il n'aimait décidément pas le fait que son aîné prenne autant de risques. Et puis, gagnant ou pas, il n'avait jamais dit qu'il y aurait quelque chose à gagner... Mais de la même manière, tant qu'il pouvait garder un œil sur Kang Jun...

« Par contre, nous pouvons recommencer un jeu demain. Peut-être que les résultats seront équilibrés. En tout cas, je ne te laisserai pas la victoire si facilement. »


La perspective d'équilibrage rassura automatiquement Lunaire. Quoi ? Il allait faire exprès de perdre ? Certainement. Il s'en voudrait trop de gagner si ça finissait encore ainsi... Il semblait alors plus motivé à jouer le jeu. Mais s'il fallait trouver des idées, il n'était vraiment pas le plus doué. Il n'avait pas vraiment un passif de petit diablotin. Disons que les bêtises, il les avait plus vues ou subies que faîtes.
C'est tout naturellement qu'il avait évoqué la possibilité de pouvoir faire des câlins. C'était plus fort que lui, Lunaire était plutôt tactile... Et disons que dans ce pays, c'était plutôt compliqué. Les gens n'étaient pas spécialement branchés câlins...

« Tu peux me faire des câlins, mais vas-y par étape. Le premier en quelques secondes et tu pourras en faire des plus longs au fur et à mesure. »

C'était bien suffisant pour faire sourire jusqu'aux oreilles le soliste. Au moins, il savait comment s'y prendre pour ne pas trop brusquer Kang Jun ! Il n'était plus dans l'ombre pour ça... C'était bien mieux... Il n'était pas bien sûr de vouloir attendre que son camarade soit ivre pour avoir une chance d'avoir un ridicule câlin. Il songeait que ce genre de gestes réduisaient la distance.

« Aujourd'hui, nous pouvons... être amis. »

Cela semblait difficile, pour le manager, de sortir ces mots. C'était comme si en même temps, ça lui lacérait le cœur, ou quelque chose comme ça. Lunaire ne lui en voulut pas, évidemment. A vrai dire, il parlait d'être "ami", mais il n'y mettait vraiment pas le sens derrière. C'était juste pour une journée, encore faire semblant... Il n'avait qu'à faire semblant d'être proche, Kang Jun n'y verrait que du feu. D'ailleurs, celui-ci semblait bien embêté par les dernières surprises du sel de la mer. Et à vrai dire, Lunaire, pas prévenu de ce genre de choses sentait bien aussi les "effets secondaires". Mais comment se débarrasser de ça ?

« Et si on rentrait pour aller prendre une douche ? J'ai mon corps qui me démange. »

Une douche suffirait ? Tant mieux ! Il n'aurait pas tenu longtemps sans se gratter... La peau de ses avant-bras était vraiment douloureuse. Il suivit donc Kang Jun en direction de l'auberge. C'était drôle, de le voir comme ça de dos... Il avait l'air fort, comme ça, on pouvait se dire "comme il a l'air impressionnant !", mais plus les secondes passaient, plus le soliste prenait conscience que si on le regardait dans les yeux, il devenait vite petit et craquelé. C'était comme si d'un coup, il devenait facile d'envisager de le briser...
A l'accueil, il chercha du regard la dame de l'accueil, un peu inquiet à l'idée qu'elle interpelle son nouvel "ami". Mais celui-ci avait pris les devants, attrapant les poignets du plus jeune pour l'entrainer dans le couloir plus vite. Il ne s'était arrêté qu'une fois à la bonne porte, ne le lâchant toujours pas. Lunaire ne pouvait pas lui dire qu'il lui faisait très mal, qu'il serrait trop fort, que ça le piquait... S'il lui disait, il allait avouer des choses qu'il devait cacher, n'est ce pas ?

« J'ai peur qu'elle ne finisse par me dévorer. »

Il rendit le demi-sourire du manager, bien que tout sauf d'humeur à sourire. A vrai dire, on lui tenait le poignet depuis trop longtemps pour qu'il puisse se sentir bien. Il avait la tête qui tournait, il se sentait faible, ça lui faisait vraiment peur. Plus que tout, il avait l'impression de sentir la panique monter en lui, il n'arrivait pas à contrôler cette montée d'angoisse. Pourvu qu'il le lâche... Pourvu qu'il le lâche... Quand Kang Jun libéra son poignet, il ne sentit pas la tension redescendre, mais au moins, elle ne grimpait plus. Le manager semblait gêné de l'avoir retenu si longtemps, à la manière dont il s'agitait soudainement. Lunaire eut terriblement honte, voulant à nouveau s'excuser, mais il fut presque aussitôt coupé dans son élan :

« Je vais aller prendre une douche. On se rejoint après pour aller manger ? »


Il l'observa passer la porte, répondant timidement à son geste d'"à plus tard". Puis, il rejoignit à nouveau sa chambre, sentant d'un coup la pression redescendre. Ses jambes avaient lâchées toutes seules, tandis qu'il serrait un de ses poignets avec une expression douloureuse. La sensation était insupportable. Il avait quelques vagues flashbacks, qui le faisaient passer par un mélange de détresse psychologique et de honte. Il s'en voulait, il se détestait. Et il mis plusieurs secondes à s'en remettre, respirant un grand coup pour se relever et rejoindre l'armoire pour prendre ce dont il avait besoin. Heureusement qu'il n'avait pas craqué comme ça devant Kang Jun... Il serait simplement partit en courant dès que possible, mort de honte et de culpabilité.
Il s'était relevé pour attraper de quoi se laver, essayant de se calmer. Même s'il savait que ça ne marchait pas vraiment, la panique l'avoir emmené chercher une petite pilule. Cela faisait plusieurs semaines qu'il en prenait, ça devrait bien l'aider...non ? La vérité, c'était qu'il se sentait plus énervé avec, mais que de toute évidence, c'était plutôt effrayant après, quand les effets s'estompaient. Mais l'euphorie, c'était plutôt bien, alors il avait simplement cédé à la tentation. La joie du placebo... Il savait pourtant que les pilules ne servaient à rien prises n'importe comment...
Il avait ensuite remonté les manches de sa chemise, ouvrant la porte avant de la refermer. Tendant l'oreille, il entendit l'eau couler dans la salle de bain commune. Normalement, il ne risquait donc pas de croiser Kang Jun. Serrant d'une main sa trousse de toilette et les bandages propres contre lui, il commença à défaire les les anciens, grimaçant et pestant en constatant que ça lui collait pas mal à la peau, rendant évidemment la chose plus douloureuse.
Évidemment, il n'avait pas tant que ça fait attention au fait que le bruit d'eau ait cessé, et donc, quand il avait levé le nez en rentrant dans la pièce après s'être débarrassé d'un premier bandage, il avait ouvert des yeux ronds et pris la couleur d'une tomate.

« T... Celle du milieu est déjà occupée. »

Le mal était fait, dirait on... Non, vraiment, il n'avait pas été préparé psychologiquement à voir Kang Jun à poil. Surtout que... Il n'osa même pas y penser, mort de gêne. Mais si en fait, il y avait pensé très fort, sur le fait qu'il était "bien foutu". L'espace d'une seconde, il avait aussi oublié ce qu'il faisait juste avant, priant pour que la situation n'ait pas permit au plus âgé d'apercevoir ce qu'il trafiquait. Il ne voulait vraiment pas parler de son addiction pour l'auto-mutilation. Donc quelques part, tant mieux s'il avait vu Kang Jun à poil, et pas Kang Jun habillé sortant normalement de la douche ? Le malaise autour de la situation l'avait probablement sauvé. Enfin, même si maintenant, il allait avoir du mal à ne plus y repenser...

- J-J-J'ai r-rien vu, avait balbutié le soliste de la Dream, plus rouge que jamais, avant de se sauver dans la cabine la plus proche.

Et ça, c'était sûr qu'il s'y était enfermé, se laissant glisser contre la porte toujours affreusement embarrassé. Comment allait il pouvoir lui faire face après ça ?! Il allait y repenser, en boucle. Bon, au moins, physiquement, il aurait tout vu de lui..? Il s'insulta mentalement, allant défaire son dernier bandage avant de se déshabiller. La douleur l'avait vite ramené à la réalité : il fallait qu'il se débarrasse du sel...
Se méfiant, il actionna l'eau, constatant en restant loin et en y mettant seulement la main qu'elle était glaciale. C'était souvent le cas, dans ce genre de structures... Il attendit donc un peu pour se mettre dessous tout entier, plutôt content de se débarrasser de l'odeur de la mer. Le reste de la galère consistait surtout à se savonner sans finir avec l'impression que le produit attaquait sa peau... et surtout sans rouvrir des plaies, parce qu'il aurait pu avoir un karma tout pourri et finir comme chez Jun en foutant du sang partout...
Il secoua la tête pour chasser ces pensées, regrettant peut-être quand son cerveau lui inventa plus ou moins une scène érotique avec son "ami". A nouveau rouge comme jamais, il s'était dépêché de finir sa douche. Non mais qu'est ce qu'il s'imaginait ?! Ce type était pas fichu de faire des câlins, il pouvait toujours rêver pour qu'il le touche comme ça, tiens ! Il était potentiellement plus hétéro que les passages piétons en plus...

- Même la dame de l'accueil elle est plus gay, marmonna t-il en français, boudant à moitié tout en se rhabillant.

Ah non, il ne l'aurait pas dit en coréen, il savait quand même qu'il y avait l'intéressé à côté. Autant utiliser une langue qu'il ne comprendrait pas, pour raconter n'importe quoi en toute sécurité. C'était bien d'être bilingue finalement ! Et puis, il s'était dit évasivement "Il peut bien être bi' ou pan', non ?". Mais bon, il se rappelait à chaque fois où il était. Est-ce qu'en France les gens étaient plus libérés ? Il n'en savait rien, il n'avait jamais mis un pied là-bas, et il se doutait bien que les séries et les reportages n'avaient souvent pas grand chose à voir avec la réalité.
De toute façon, il ne fallait pas se faire de films. Et puis bon, après son expérience avec Jaeden, il se disait qu'embrasser des garçons... Très peu pour lui finalement. C'était trop effrayant. Il ne ressentait pas autant de choses avec une fille, c'était plus agréable.
Lunaire avait rouvert la porte pour aller ranger sa trousse dans sa chambre, avant de ressortir, sa veste à nouveau sur le dos. Passant devant l'accueil, il jeta un coup d'oeil à la dame qui semblait fascinée par sa télévision. Tant mieux... Avec un peu de chance, elle n'irait pas sauter sur Kang Jun dès qu'il sortirait.
Il alla attendre dehors, décidant à son tour de jouer avec les cailloux par terre. Il était beaucoup trop nerveux maintenant... Il avait hâte que les anti-dépresseurs fassent à nouveau effet... Enfin, surtout que le placebo fasse effet en fait. Au moins, il serait moins stressé. Bon, potentiellement très imprudent. Du genre ? Il ne voulait pas y penser. Ces médicaments étaient une vraie malédiction parfois. Il se créait juste des effets qui le rendaient heureux de manière factice, juste pour replonger de manière trop violente pour son bien. Il n'y avait vraiment rien de bien à prendre des médicaments n'importe comment, et surtout ce genre de médicaments.
En voyant revenir Kang Jun, il détourna légèrement le regard. Bon, c'était raté pour faire genre qu'il n'avait rien vu finalement... Il avait beau essayer, c'était vraiment fichu. Il chercha donc à éviter toute discussion à ce propos, balbutiant un :

- O-O-On va m-manger ?

Il n'attendit même pas une réponse, se dirigeant vers ce qui semblait être le centre du village. Non, vraiment, il était en colère contre lui-même. Il se sentait un peu mal, il voulait arrêter les rougeurs qui lui venaient, mais il ne contrôlait pas trop le phénomène.
Essayant d'à nouveau se concentrer sur autre chose, il fit à nouveau dévier le sujet.

- A-A propos de tout à l'heure, j'étais sérieux... J'en ai vraiment rien à faire si me mêler à tes problèmes c'est dangereux. Tant que ça n'impacte pas Jeh, je m'en fiche, tu peux me traîner dans les abysses, je t'aiderai à remonter, laissa t-il tomber.

Est-ce qu'il savait seulement qui était Jeh Oon ? Certainement pas. Il ne s'attendait pas à ce détail. Et il ne voulait pas forcément parler de son jumeau maintenant. Il le connaissait si mal... Moins bien même que Kang Jun, alors que c'était sensé être son frère. Il fallait dire qu'avoir appris son existence quelques jours plus tôt n'avait pas facilité les choses.

gabi le loup


You blew me up like a big balloon far too soon. How did I get here ? It's all so quick, and I feel sick, red pushing down on the green.
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Mar 23 Avr - 22:03
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Hyun Kang Jun
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Puissions-nous nous retrouver.
Pendant que je suis en train de faire mousser le gel douche sur mon corps, je repense à ce qu'il s'est passé quelques minutes plus tôt. Il a fallu juste que Lunaire arrive au moment même où je sors de la douche, alors qu'il n'était pas là auparavant ! Parfois, c'est à se demander, si le destin ne rit pas de nous en créant de telles circonstances ! Pour ma part, il s'était bien moqué de moi en me faisant apparaître nu devant mon compagnon de voyage.

Après que Lunaire soit parti, je suis sorti aussi pour rejoindre ma chambre en sortie-de-bain. Je m'étais brossé les cheveux, les dents, fais les soins pour la peau et le corps. J'entre dans le genre d'homme qui prend soin de son physique. Cette attention particulière a commencé dès que je suis parti de la Corée pour aller étudier à l'étranger. À cette période, j'ai voulu un peu me sociabiliser et surtout entrer dans le monde du business. Dans ce domaine, être intelligent et en plus, avoir une apparence agréable aide davantage !
Dans la chambre qui m'est destinée, je m'habille un peu plus chaudement. Ayant les cheveux encore mouillés, je préfère prévoir contre le vent souvent élevé près de la mer. J'enfile un t-shirt noir en dessous d'un pull. De cette manière, si j'ai trop chaud, je peux enlever ce dernier tout en restant toujours habillé. Maintenant, je ne crains plus que me retrouver torse nu devant le garçon (même si cela n'a jamais été une peur). Deux fois, je me suis retrouvé sans vêtement sur les épaules. Dans quelque temps, je ne serais pas étonné que Lunaire ne soit même plus gêné de me voir ainsi.

Une fois habillé et que je pense être prêt, je sors pour rejoindre à l'extérieur "mon ami que d'aujourd'hui". Sauf qu'à peine arrivé, je vois déjà son regard se détourner de moi. C'est effectivement ce que je craignais. Après ce qu'il s'est passé dans les douches, il aura du mal à présent à faire confronter nos regards l'un dans l'autre. Sur le coup, j'étais déstabilisé, mais je m'en suis très rapidement remis. N'est-ce pas simplement le corps d'un homme ? En plus, je ne suis pas complexé par mon corps. Je le travaille assez souvent et je tente de garder une bonne alimentation pour préserver au moins ma santé. Parfois, il arrive que je prenne aussi des douches à l'agence. Des cabines personnelles sont disponibles, mais n'étant pas trop pudique et assez pressé, je me lave dans les douches communes. Donc, être en confrontation avec des corps masculins se produit régulièrement (disons...).

Je l'entends bégayer. Je tire le colle de mon pull en me disant qu'effectivement, pas besoin d'un tableau, Lunaire doit repenser à cette scène. J'espère que cette image ne veut pas l'éloigner davantage. Nous commencions tout juste à se rapprocher.
Je lui réponds par un simple bruit caché un "mmh", l'affirmation flemmarde comme je l'appelle. Ainsi, nous avons entamé le chemin menant (normalement) au centre-ville du coin.
L'un à côté de l'autre, nous marchons proche de la mer qui nous tient compagnie calmement. La brise du vent se fait légère et les oiseaux chantonnent à l'arrivée du printemps.
En route, Lunaire revient sur une conversation précédente. Je fais rapidement le rapprochement de ce qui avait été dit auparavant, sauf que je ne me souviens pas qu'on est mentionné un Jeh. Je ne m'arrête pas sur ce prénom, mais je reviens par contre sur l'idée de sa phrase.

« Es-tu sûre de pouvoir me remonter ? »


Je regarde le ciel en continuant de faire un pas devant l'autre. Les mains croisées dans le dos, je réfléchis un instant avant que mes yeux ne s'accrochent aux siens.

« Ne m'avais-tu pas dit que tu étais un monstre des placards, donc un monstre dans le noir. Ne serais-tu pas aussi bien un monstre des profondeurs... »


Je m'arrête tout à coup, le regard toujours fixé dans le sien et silencieux. Je maintiens le suspens en rapprochant petit-à-petit mon visage du sien. En transition, l'air de mon regard devient suspicieux.

« Comme moi ?! »


Ma tête s'amène de plus en plus vers la sienne et jusqu'à ce que nos nez se touchent, je reprends de la distance avec le jeune homme. Le visage baissé vers le sol, je gratte le sol avec la pointe de mon pied qui me semble avoir le besoin d'un coup de mes frottements. Mes épaules font plusieurs rotations sur elles-mêmes avant que mes bras s'étirent vers le bas. Après un petit soupire d'effort, je reprends ma marche.

« Lunaire... Comment peux-tu être aussi confiant envers moi ? »


J'entre mes mains dans les poches de mon pantalon pour chercher une sécurité ou bien une stabilité. Le temps que je vais passer avec Lunaire ne sera pas de tout repos sentimentalement. Je le sais parce que depuis que je l'ai rencontré, surtout dès le restaurant, il avait déjà chamboulé ce que je cherchais à cacher. Il avait dit qu'il voudrait plus me connaître et disons que je pensais qu'il chercherait les choses extravagantes me concernant. Non, il a visé ce qui fait mal, ce qui nous retourne et nous fait dire "merde, je pensais l'avoir bien planqué".

En me retournant vers lui, les doigts avisés comme des griffes pendus sous son nez, je lui dis tel un narrateur d'un conte de fées.

« Je pourrais être le méchant loup de ton histoire. »


Sans m'en rendre compte, le garçon que j'étais autrefois se dévoile au fil du temps. Ce gars qui se laisse prêter au jeu, qui ne se laisse pas étouffer par la cravate trop serrée à son cou. Pendant mon excellent jeu d'acteur, le nouveau brun avait continué sa marche ce qui a fait que nous nous sommes rentrés l'un dans l'autre. Encore une fois...
Avant que Lunaire ne trébuche, je l'attrape et le serre contre moi. Un réflexe pour éviter qu'il ne tombe qui se confondrait presque à un enlacement instantané. Attendant quelques secondes pour être certain que tout le monde est stable, je m'éloigne de lui. Non, je ne l'ai pas pris dans les bras pour une douce intention. Ce que j'ai fait, c'était principalement pour éviter toute blessure éventuelle.
Je détourne le regard à maintes reprises, un coup à gauche, un coup à droite. Mes dents supérieures viennent mordre ma lèvre inférieure. Il faut pincer pour sentir la réalité.
Dans le but d'éviter de rebondir sur ce qu'il vient de se faire, je poursuis le chemin et constate que la ville n'est plus très loin à présent. Alors, je décide d'avancer, les mains dans les poches et en contemplant le paysage qui nous entoure.

Sur le moment, je me demande si nous n'aurions pas dû commander. Au moins, avec la livraison, le repas serait venu plus rapidement à nous. Cependant, il faut que je cesse de penser comme un citadin pour ce week-end. Il faut que j'apprenne à profiter des pauses comme celle que je vis actuellement avec Lunaire.
Ce qui est appelé ville est un peu exagéré dans sa nomination. Le centre doit se confiner dans une seule rue majeure avec quelques commerçants qui regroupent les besoins primaires. Pas de grands centres commerciaux dans les parages. Il faudra se contenter d'un petit commerce qui fait également la vente et localisation de bateaux. Proche de celui-ci, mon odorat note un délicieux parfum de poisson grillé et de piment. Vérifiant du coin de l'œil que mon partenaire est toujours dans les parages, je fonce à l'intérieur pour voir de plus près l'objet de cette odeur. Je me retourne vers Lunaire et le porte-monnaie en main, je lui dis:

« T'en veux aussi ? »


Je donne un coup de tête vers le poisson qui est en train de se faire frire le dos par la propriétaire. Il faut savoir qu'en grande partie, ce sont les femmes qui tiennent les commerces dans ces villes proches de la mer. Les hommes partent pêcher pendant que les femmes gardent les terres. Ça fait très ancien, et pourtant, c'est toujours présent.
Sans plus attendre, je fais le tour du magasin. Je prends du soju (six bouteilles), des snacks et de la salade. En faisant le tour d'un rayon, je rejoins mon compagnon.

« Ça te convient ? »


Mon coude vient tapoter le sien avant que mes jambes poussent jusqu'à la caisse. Les produits déposés, je rajoute avant que la dame nous donne le prix final.

« On va vous prendre deux poissons frits avec s'il vous plaît. »




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Ven 26 Avr - 23:48
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Seon Lunaire
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soliste & compositeur (lune)


L'endroit dont nous avions rêvé
featuring. @Hyun Kang Jun

Est-ce qu'il s'était attendu à ce que Kang Jun soit une personne aussi distinguée ? Pas vraiment, à vrai dire. En voyant qu'il avait l'air... oui, en fait, d'au moins s'être recoiffé, Lunaire se sentit plus ou moins écrabouillé par l'inquiétude. Et s'il passait pour un type négligé ? Oui, il était un peu du genre négligé, surtout à ce moment, c'était vrai... Mais face à quelqu'un qui avait autant de classe, il ne pouvait pas s'empêcher de développer un complexe d'infériorité... Surtout en repensant à quel point il était bien foutu, aussi, pour être honnête...
Embarrassé par ces pensées un peu déplacées, le soliste s'était simplement mis à bêtement bafouiller pour proposer d'aller manger. Impossible d'attendre une réponse, de toute façon, il était bien trop en colère contre lui-même pour agir de manière raisonnable. D'ailleurs, cette simple action n'avait fait qu'amplifier son mal-être. Vraiment, il devait être d'une compagnie terrible... Si son "ami" se débarrassait de lui avant la fin de la journée, il ne serait même pas étonné. Peut-être même que ça lui irait. De toute façon, il se disait juste qu'il espérait servir à quelque chose vainement. Alors si ça continuait, c'était bien plus rentable de tout foutre en l'air, non ?
Qu'est ce qu'il faisait ici au fond ? C'était trop effrayant d'y penser. Il ne savait juste pas ce qu'il faisait. Il n'y avait qu'à peine réfléchit, c'était juste un saut dans le vide, et il était en train de s'écraser de manière tout à fait minable. Ou du moins, il avait cette impression, incapable d'entrevoir le positif. Ce n'était pas ses pilules qui allaient l'aider, il le savait au fond, mais il attendait juste que le placebo l'emmène en Enfer. En évoquant encore des choses auxquelles il ne pouvait plus tellement croire, ou alors croyait par simple esprit d'auto-destruction, il ne ressentait pas grand chose, indifférent.

« Es-tu sûre de pouvoir me remonter ? »

Non, bien-sûr. Il n'était sûr de rien, sinon d'être capable d'aller chercher sans avoir de certitude de pouvoir vraiment l'aider. C'était absolument toute l'absurdité de sa personne. Lunaire aidait tout le monde s'il le fallait, il ne laissait jamais les gens de côté, mais c'était toujours à défaut de se souvenir qu'il n'avait vraiment pas les épaules pour. Ce n'était pas un travail d'hypersensibles, et encore moins celui d'une personne qui n'arrivait pas à s'occuper d'elle-même.
Kang Jun l'avait finalement dépassé, tandis qu'il cherchait une réponse appropriée. Non, il ne pouvait pas lui dire qu'il n'était sûr de rien, qu'il allait peut-être juste l'aider à se noyer au final...

« Ne m'avais-tu pas dit que tu étais un monstre des placards, donc un monstre dans le noir. Ne serais-tu pas aussi bien un monstre des profondeurs... »

Il avait croisé le regard de son "ami", qui lui sembla d'un coup presque menaçant. A vrai dire, tout ces mots le rendaient confus. Il n'avait jamais vu la situation ainsi... Les placards, c'était rassurant, ce n'était pas un lieu dans les tréfonds des abysses... Il y avait juste une barrière avec le monde, pour pouvoir un peu d'ombre et se reposer. Cela n'avait rien à voir avec les profondeurs, n'est ce pas ?

« Comme moi ?! »


Cette affirmation l'avait un peu surpris. Enfin... Ce qui l'avait plus perturbé, c'était quand même de voir le manager des 7D aussi proche. Il essayait de lire dans ses yeux, mais les gens n'étaient définitivement pas des livres... Et tout ce qu'il voyait, c'était qu'au fond c'était la même chose qu'avant. C'était la même personne... Oui, il voulait l'attraper, ce regard, pouvoir décoder ce qui risquait de se briser au-delà.
Mais encore une fois, Kang Jun s'était juste échappé. Il lui filait toujours entre les doigts comme ça, et il ne savait toujours pas comment le retenir. Il finissait toujours pas s'en aller, lui échapper dès qu'il lui semblait saisir quelque chose... Le voilà qui baissait à nouveau les yeux. Il était si lointain comme ça... Pourtant, Lunaire aimerait lui dire, qu'il pouvait s'approcher, qu'il n'irait pas le déchirer, le briser, lui faire du mal comme ça. Il voulait juste l'aider... A son échelle, bien-sûr, mais au moins essayer de démêler quelques nœuds...

« Lunaire... Comment peux-tu être aussi confiant envers moi ? »

Ce serait faut de dire qu'il était confiant envers Kang Jun. Il voulait l'être, évidemment. Mais c'était un peu trop compliqué, il avait toujours une pointe de méfiance. Pourtant, il était persuadé que chaque individu était bon au fond. Disons que sa meilleure amie s'était fichue de lui des années à cause de ça. C'était peut-être naïf de sa part...

- Parce que tu n'es pas une mauvaise personne, n'est ce pas ?

Il avait esquissé un léger sourire. Il ne savait pas si c'était bien, d'avouer qu'au fond, il avait juste vu à quel point il était craquelé, et que ça l'inquiétait. Les gens acceptaient rarement de traîner avec les gens qui pouvaient voir leurs faiblesses. Et Lunaire avait peur de faire fuir Kang Jun en le bousculant trop. Il voulait juste être un soutien à peu près fiable, pas un bourreau...
Et puis, au final, le plus âgé ne s'était pas enfuit, il était même revenu. Imitant un espèce de monstre de contes, son comportement arracha un plus franc sourire au soliste.

« Je pourrais être le méchant loup de ton histoire. »

Lui ? Le méchant ? Cette fois, Lunaire s'était mis à rire. C'était ridicule. Vraiment. Comment Kang Jun pourrait lui faire autant de mal que son père, Mook, ou sa mère ? De toute manière, il avait déjà beaucoup trop mal pour que souffrir plus soit si important. Au moins, il avait l'impression d'être vivant... Il avait toujours cette peur au coin de la tête, celle de ne pas exister, d'avoir des souvenirs tout faits. Oui, avoir mal, c'était peut-être le pourquoi du comment il n'était pas qu'un personnage d'une histoire qui allait cesser d'exister dès qu'on cesserait de l'écrire.

- Toi ? Pas possible.

Et même si Kang Jun décidait de le détruire, quelle importance ? Il avait envie de lui dire "Vas-y, essaie", intoxiqué par ce besoin d'avoir des preuves de sa propre existence. Mais il ne disait que rarement ce qu'il pensait vraiment. Comment avouer qu'au fond, il était juste un énième gamin suicidaire ? Il avait bien trop honte de cette part de lui. Il avait honte d'aller mal. Et il ne voulait certainement pas en parler. Il avait déjà les pilules pour l'aider, n'est ce pas ?
Perdu dans son nuage noir, il n'avait pas vraiment regardé où il allait, trébuchant soudainement. Il n'avait dû son salut qu'à la réaction de son "ami", qui l'avait rattrapé avant sa chute. Un peu mal à l'aise, honteux aussi, il hésita quelques secondes pour demander au manager de le relâcher, mais celui-ci l'avait vite fait de lui-même. Et encore une fois, il s'était enfuit, embarrassé, sûrement.
Un peu attristé, Lunaire s'était demandé comment il pouvait le remercier s'il s'enfuyait comme ça juste après l'avoir empêché de tomber. Il suivit simplement ses pas, donc. Inutile de revenir sur ça si ça embarrassait Kang Jun. Avant tout, il fallait le mettre un minimum à l'aise, non ?
La ville apparu enfin, et Lunaire perdit un peu son camarade, trop occupé à regarder autour de lui. Les maisons étaient plutôt vieilles, parfois dans un style traditionnel. Certaines avaient l'air en plutôt mauvais état. Il se demanda si quelqu'un vivait encore là-dedans... Pourvu que l'isolation soit bonne, et que personne là-dedans n'attrape des rhumes parce qu'il fait trop froid l'hiver...
En se concentrant un peu à nouveau sur le plus âgé, il remarqua qu'il semblait avoir trouvé un endroit où chercher de la nourriture... Enfin, en s'approchant, surtout du poisson grillé avec du piment.

« T'en veux aussi ? »

Louchant sur le porte-monnaie de Kang Jun avec un air désapprobateur, il approuva quand même le choix culinaire. Non, vraiment, pas moyen de le laisser payer... Il se sentait beaucoup trop coupable pour que le plus âgé ait ne serait-ce qu'un truc à payer. Mais il doutait de ses capacités à dégainer un porte-monnaie à la vitesse de l'éclair, alors il l'avait juste sortit, boudant un peu. En voyant revenir son camarade, il l'avait à nouveau planqué derrière son dos, souriant justement nerveusement.

« Ça te convient ? »


Lunaire approuva seulement d'un hochement de tête, ignorant un peu le coup de coude. C'était bizarre quand même... Enfin, le comportement de ce type... Il ne semblait pas aimer les câlins, mais il était quand même super tactile. Ou alors, il préférait toucher les autres plutôt qu'être touché ? Non, arrête de penser Lunaire, tu t'enfonces.
Il se concentra donc sur le but ultime : payer avant Kang Jun. Le rejoignant à la caisse, il chercha le timing parfait pour sortir les billets en premier. Oui, c'était carrément stupide. Mais bon, il se serait sentit beaucoup trop mal si on avait payé pour lui.

« On va vous prendre deux poissons frits avec s'il vous plaît. »


Parfait. La vieille dame était repartie voir ses poissons, et le cerveau -lent- de Lunaire s'était mis à calculer ce qu'il allait falloir rajouter à la note. Malheureusement, loin d'être un as du calcul (vraiment, ce n'était pas une lumière dès que ça quittait le domaine de la musique et de la nourriture), il avait finit par arrondir un résultat "à peu près proche du vrai prix"... Autant dire qu'il avait trouvé un chiffre quasi au pif. Bah quoi ? Disons qu'il n'avait pas encore l'habitude de faire des courses ! ...C'était faux, mais si on ne le connaissait pas, on pouvait presque y croire. Toujours était il que c'était une bille en calcul mental, juste à un degré "critique" avec l'excuse, et "catastrophique" sans.
Et puis, il s'était plus ou moins souvenu qu'il avait gagné un défi un peu avant, et d'un coup, il s'était sentit soulagé de ne pas se retrouver à donner un nombre inexacte de billet, et donc à révéler ses talents de mathématiques.

- N'oublie pas que tu as perdu ce matin, et donc tu as maintenant interdiction de payer quoi que ce soit, avait avancé le soliste, souriant innocemment.

En vrai, d'un coup, il était plutôt content d'avoir gagné un truc aussi stupide. C'était plutôt marrant finalement. Il pouvait tout à fait empêcher le plus âgé d'utiliser ses sous pour pas grand chose. Enfin... Il se disait aussi que son porte-monnaie à lui allait souffrir. Il fallait nourrir Hyon Jun aussi... Et les animaux errants... Et les humains errants... Enfin, est-ce que faire des folies comme ça n'allait pas nuire à sa SPA du pauvre ? Il était à la Dream après tout, donc son salaire...
Tant pis.
A l'annonce du prix, il avait simplement déposé les billets sur le comptoir avec une expression victorieuse. Puis, attrapant les poissons frits, il attendit d'être sortit pour se tourner à nouveau vers Kang Jun. Il se sentait à peu près joyeux à cet instant, alors il profita de l'instant, sachant que ça n'allait pas durer longtemps. Il s'approcha doucement pour enlacer quelques secondes le plus âgé, profitant simplement de ce contact pour y trouver un peu d'apaisement en prenant garde à ne pas tâcher le pull de celui-ci dans l'étreinte.
Il respecta les termes, restant quelques courtes secondes avant de donner le deuxième poisson grillé à son "ami" tout en lui piquant un peu de sa cargaison pour l'aider à porter.

- T'es quand même bizarre. Tu as dit "Fais moi faire ce que tu veux aujourd’hui", en prenant des risques absurdes, alors que tu n'arrives pas à t'ouvrir.

Il ne chercha pas à attendre une réaction, plus intéressé par son poisson. Saejin l'avait toujours traité de masochiste pour son goût pour les choses épicées ou amères. Il s'en était toujours un peu fichu, mais maintenant, ça le rendait curieusement triste. Il était vraiment beaucoup trop sentimental... Dès que les gens partaient, il voyait leurs fantômes plutôt que de les effacer.
Il s'était éloigné de la rue principale pour rejoindre des lieux plus tranquilles, vérifiant que Kang Jun suivait. Il ne voulait surtout pas le perdre. Celui-là, il n'allait pas échapper à la suite... De toute façon, il avait surtout intérêt à profiter de la trêve que lui offrait le poisson grillé. Le soliste n'était pas spécialement attaché au fait de parler en mangeant. Il l'avait fait la dernière fois, mais ça avait été plutôt inconfortable.
Quittant la route après un peu de marche, il entraîna le pauvre manager dans l'herbe, ne sachant pas du tout où il allait. Tant pis, c'était chouette l'herbe. Il n'y avait surtout plus personne dans le coin... C'était bien mieux pour parler. Le compositeur alla s'asseoir en tailleur, tapotant à côté de lui pour signifier à Kang Jun de s'asseoir à son tour. En attendant, il s'occupa de terminer son poisson, à qui il ne restait plus grand chose de comestible. Pauvre bête...

- En fait, le grand méchant loup ne veut peut-être pas manger des humains parce qu'il a faim, mais parce qu'il a peur d'eux, non..? Comme toi ?

Il avait à nouveau les yeux brillants, Lunaire. Peut-être parce qu'il croyait en ces mots. Non... Kang Jun n'était pas une mauvaise personne. Il ne pouvait pas y croire. Il avait juste vu qu'il avait mal. La douleur pouvait faire faire beaucoup de bêtises, non ? Il avait fallut du temps à Lunaire pour le comprendre, mais maintenant il le savait. Il ne pouvait pas en vouloir au manager pour ça.

- Tu n'es pas une mauvaise personne au fond, c'est sûr.

Il essaya d'attraper son regard, calmement. Rien de brusque, sinon, il allait vraiment partir en courant... Il voulait juste qu'il sache qu'il était sincère sur ce point, et qu'il n'allait plus le laisser tomber.
gabi le loup


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Jeu 18 Juil - 21:32
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Hyun Kang Jun
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Puissions-nous nous retrouver.
Savons-nous qui est notre grand méchant loup ? Dans l'histoire, les trois petits cochons savaient son existence, mais ils ne savaient pas de quel loup, il s'agissait. Il n'était pas le seul, il en existait bien d'autres. Des loups gentils aussi, des méchants pour d'autres. Leur méchant loup, le grand, ils l'ont su au dernier moment. Je parais ne pas être ce personnage dans son histoire aujourd'hui, néanmoins, qui dit que je ne le serais pas demain ? Ou le surlendemain. Ou l'année passée ?
Et mon antagoniste dans mon histoire, qui est-ce ? Qui est cette personne qui me sera nocive, qui me mordra et m'entraînera à ma perte ? Peut-être mon reflet, j'en serais le seul responsable, qui sait ?

D'ailleurs, je pense que je dois être masochiste. Je crois que je le cherche désespérément mon méchant. Celui qui me fera entièrement chaviré, celui qui arrivera à me faire décrocher mon cœur par les battements trop violents provoqués par l'adrénaline. Je veux le rencontrer. C'est sûrement la raison de mon gage suicidaire.

« Peu importe ce qu'il me fait, je veux voir justement ce que tu vas me faire. »

Voici ce vers quoi, je me suis probablement lancée en lui proposant ce résultat. Sauf que je crois avoir mal choisi ma cible. Lunaire est bien trop bon, trop gentil. Au contraire, je suis très certainement, moi, le plus proche du vilain de son histoire, que lui de la mienne.
En tout cas, je le laisse payer puisque ça fait parti du marché. Je ne bronche pas puisque c'est le jeu. Je prends quelques produits et sort après lui. Je le suis en gardant une petite distance entre nous deux. Je le fixe, lui qui me tourne le dos.
Je me demande si j'ai fait le bon choix, en poursuivant notre rencontre. Ce gamin m'a l'air fragile et j'ai peur de le briser. Je ne connais rien de lui, je juge ce que je vois. Je n'ai clairement pas envie de parsemer mon poison dans ses veines. La majeur partie du temps, ceux qui m'aiment, ils finissent par souffrir et me haïr. Par chance, le temps fait oublier. Il est rare en tout cas, que l'on garde un goût sucré sur ses lèvres, après m'avoir aimé.
Je regarde la place qu'il vient de tapoter à côté de lui, sur l'herbe. Je ronchonne brièvement, n'appréciant pas trop son geste. J'avais l'impression d'être pris pour un chien à qui on demande de prendre place juste là. Alors, avec ma fierté mal placée, je m'assois quand même, le regard qui fugue vers l'autre bord.
Tout comme le garçon, je croque dans ma brochette pimentée et je termine en trois gros morceaux. La bouche pleine, je le regarde, mâchant et cherchant mes mots. Une fois l'intérieur libéré, je m'essuie la bouche avec mon bras et balance au loin le pique en bois. J'essaye de voir où il a bien pu atterrir, ce qui est une perte de temps puisque je l'ai lancé bien trop loin.
Mes bras prennent appui en arrière, tendus, tandis que mes jambes se plient et mon visage tombe en arrière pour que mes yeux contemplent le ciel bleu.

« Je ne sais pas si c'est le grand méchant loup qui a peur des humains ou si ce sont les humains qui a peur de lui. Ce sont peut-être les deux, mais il faudrait savoir lequel a commencé en premier entre les deux. Peut-être que les gens avaient peur du méchant loup et du coup, il s'est mis à avoir peur d'eux. Ou est-ce le contraire ? »


Mon visage s'incline, interrogé par le questionnement. Quelques nuages passent devant mon cadre, étendus et presque effacés. J'entends les oiseaux crier à quelques mètres. Mon visage se redresse pour fixer ces piafs gueulant. Deux mouettes se battent pour un poisson. C'est chacun pour soi et que l'autre crève la bouche ouverte.

« Tu vois... »


Lentement, ma tête se tourne vers lui et mes yeux avec un train de retard, s'accrochent aux siens.

« Moi, je n'en suis pas si sûr. »


Je le fixe, encore, un peu plus longtemps, sous les cris des mouettes affamées. Puis, je brise cette atmosphère pesante pour me procurer une bière que je me dépêche d'ouvrir et de boire la mousse qui se forme au-dessus. J'en prends une autre que je lance sur Lunaire. Elle frappe son torse et arrive au niveau de son bassin.

« Allez buvons ensemble. »


Je bois une grosse gorgée, ça déborde sur les côtés de ma bouche et le liquide coule jusque dans mon cou. Je ne prends même pas la peine d'essuyer, car je me suis très vite levé. J'entends de la musique, une vieille chanson coréenne. C'est peut-être une grand-mère qui a mis sa radio bien trop forte. En tout cas, ce vieux rythme me donne une envie de me libérer.
La bière en main, mes hanches se mettent lentement à bouger de gauche à droite essayant de suivre le tempo du vieux son électro. C'est Wa de Lee Jung Hyun. Je me rappelle de cette chanson. J'étais jeune quand elle passait à la radio. Ma mère l'adorait.

« Tu connais cette chanson ? »


Dis-je juste avant de reprendre une gorgée de bière, les pas allant de gauche à droite, un par un. Pris dans le mouvement, j'invite encore le garçon à se joindre à mon activité.

« Viens danser avec moi. »


Et sans attendre sa réponse, je m'approche de lui pour lui prendre la main. Je tire sur son bras pour l'attirer vers moi. D'une main, je maintiens une de ses épaules et reprends une petite danse.


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Sam 20 Juil - 0:07
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Seon Lunaire
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soliste & compositeur (lune)


L'endroit dont nous avions rêvé
featuring. @Hyun Kang Jun
La personne qui prétendait comprendre les humains était sûrement bien prétentieuse. Il y avait tant de mystères, tant de paradoxes chez ces êtres que lire en eux semblait impossible. Il y avait toutefois des individus ouverts et bavards, qui n'aimaient pas cacher les choses, demeuraient honnêtes dans leurs paroles et réactions, et donnaient ainsi l'impression d'être plus facile à cerner. En effet, on les connaissait mieux, et ça avait un aspect rassurant. Et puis, il y avait des individus plus secrets... Et enfin, il y avait tout simplement ceux qui jouaient des rôles, où qui étaient incapables de se définir eux-mêmes. Et comment vraiment comprendre ces gens-là ? C'était un mystère.
Pour l'instant, Lunaire ne savait toujours pas comment considérer Kang Jun... Si ce n'est qu'il commençait à croire qu'il avait des côtés auto-destructeurs, ce qui l'inquiétait beaucoup. Il avait aussi l'air un peu instable... Après, ce n'était pas le soliste qui allait lui donner des leçons en matière de stabilité psychique alors qu'il était du genre à vouloir se jeter par une fenêtre dès qu'il en voyait une. Pourquoi il y pensait encore d'ailleurs ? A quoi servent les médicaments s'il finit toujours par ressasser tout ça, et finir encore plus triste ?

« Peu importe ce qu'il me fait, je veux voir justement ce que tu vas me faire. »

Ces mots donnaient le tournis au soliste. Peu importe les risques, peu importe le destin, c'était comme un appel à la destruction. Est-ce qu'il voulait qu'il le détruise ? C'était à l'opposé de tout ce que voulait Lune. Pas un strict opposé non plus, il ne savait pas où placer son envie de fuir sur le curseur. Était-ce la troisième option entre "protéger les gens" et "détruire les gens" ? Tout commençait à crier qu'au final, ils pourraient l'un comme l'autre être très mauvais pour la santé mentale de l'autre. Peut-être que le soliste n'aurait jamais dû le recontacter..? Ou alors, il était juste masochiste aussi, et ça, ce n'était pas nouveau, mais il n'avait plus personne pour lui taper sur les doigts. Il était devenu terriblement instable... S'il avait accepté de suivre Kang Jun le bon week-end, s'il 'lavait recontacté une ou deux semaines après, ça se serait mieux passé, n'est ce pas ? A cette époque, il aurait pu être un soutien, et de bonne compagnie, mais à cet instant...
Il préféra se concentrer sur sa nourriture, invitant son camarade de journée à s'asseoir à côté. Celui-ci s'était visiblement sentit vexé par le geste, grognant pour bien montrer que ça ne lui avait pas plu. Lunaire s'était aussitôt sentit honteux, tachant de retenir qu'il ne faudrait plus faire ça à l'avenir.  Est-ce que Kang Jun était vraiment fâché ? Visiblement oui.
C'était vraiment compliqué de tout suivre... Il était plus énergique qu'habituellement, son esprit s'agitait beaucoup trop par rapport à la normal, mais cela ne l'aidait pas vraiment à comprendre. Non, à vrai dire, il analysait beaucoup moins bien ce qui l'entourait (ce qui était plutôt normal, étant donné qu'il était en dépression, mais il avait encore du mal à lui même l'admettre). Mais malgré cela, rien ne le menait vers une conclusion qui pourrait faire de Kang Jun un antagoniste. Pourquoi faudrait-il des antagonistes et des grands méchants loups d'ailleurs ? C'était beaucoup plus compliqué que ça, n'est ce pas ? Et il y avait toujours des raisons ! Même les méchants de dessins-animés avaient des raisons (pourries, certes, mais il y en avait au moins) !
Au final, Lunaire était repartit sur des suppositions plutôt niaises, faisant légèrement légèrement la moue en voyant l'expression de son interlocuteur, qui y trouverait certainement autre chose à redire. Tant pis, il aurait essayé... Mais il était curieux de savoir ce qu'allait répondre Kang Jun. Avec un peu de chance, cela pourrait lui apporter de nouveaux indices pour pouvoir mieux le comprendre...

« Je ne sais pas si c'est le grand méchant loup qui a peur des humains ou si ce sont les humains qui a peur de lui. Ce sont peut-être les deux, mais il faudrait savoir lequel a commencé en premier entre les deux. Peut-être que les gens avaient peur du méchant loup et du coup, il s'est mis à avoir peur d'eux. Ou est-ce le contraire ? »

Pourquoi les gens auraient ils peur de Kang Jun ?  Pourquoi avait il lui-même peur de Kang Jun d'une certaine manière ? Difficile à déterminer. Et pourquoi est-ce que Kang Jun aurait peur des autres ? A cette question par contre, il y avait des milliers de réponses... Et quelques part, c'était ce deuxième cas de figure qui semblait le plus probable pour le soliste. Il avait l'air d'être en miettes à l'intérieur... Pourquoi chercherait il à se faire des amis si c'était pour redouter d'être plus sérieusement heurté ? Quelques mois avant, Lune serait resté sur cette question, mais maintenant, ça semblait curieusement compréhensible. C'était quoi la stupide ironie autour de sa demande d'être ami avec ce type qui le bouleversait ?

- Quoi qu'il en soit, pourquoi on devrait appeler un méchant loup méchant loup..? Il n'a rien fait de mal, non ? s'inquiéta Lune.

C'était plutôt les autres qui semblaient lui faire du mal.
Le soliste observa le regard perdu de Kang Jun tourné vers le ciel, jusqu'à ce qu'il se focalise sur les deux oiseaux plus haut. Est-ce qu'il se voyait comme la mouette qui venait de voler un poisson à sa camarade ? C'était plutôt une vision pessimiste... Mais Lunaire était sincèrement persuadé qu'il n'était pas ainsi. Peut-être essayait-il aussi de se rassurer ? Il n'en savait rien. Il avait envie de le protéger, de le couver, de l'aider à marcher, mais il craignait tout de même l'aura dégagée par Kang Jun. Cela lui interdisait de croire en lui ? Il ne pensait pas.

« Tu vois... »


Il fronça légèrement les sourcils, s'attendant déjà à la suite en croisant le regard de son interlocuteur. Et juste prédire cette suite lui donnait envie de pleurer. Il était trop émotif...

« Moi, je n'en suis pas si sûr. »


Lunaire ne su pas quoi répondre sur le coup, déçu, et profondément attristé que ses prédictions se soient révélées vraies. Pourquoi est-ce que Kang Jun semblait se voir comme un antagoniste de tous ceux qui l'entouraient ? Était-ce ce qu'on lui avait inculqué ? Pourquoi ? Comment ? De toute évidence, le compositeur ne pouvait pas défaire des choses qui s'étaient faîtes dans le passé. Mais n'y avait il pas un moyen d'aider pour que ça se passe mieux ensuite ? Et comment ? La solution devait bien être quelque part !
Il sursauta quand il se reçut une bouteille de bière, complètement paumé. Quoi ? Comment ? Où ? Pourquoi ? Quoi ?! Il regarda Kang Jun ouvrir une bouteille avec un air complètement perdu, sûrement à mi-chemin entre la lune, ses pensées, la terre et Uranus... Tenter de l'imaginer tiendrait du masochisme.

« Allez buvons ensemble. »

Il ouvrit sa bouteille à son tour sans trop réfléchir. S'il allumait son cerveau, il savait sûrement que ça allait dire "Fais pas ça, ça pue, alerte, ça va mal se finir, repose cette bouteille imbécile". Et puis, ces pressentiments seraient tout à fait légitimes. Bon, après, il n'aurait pas été certain de si c'était une mauvaise idée, mais il aurait au moins pu lister les mauvais scénarios... Alcool triste, perte de pédales, crise de déréalisation/dépersonnalisation violente... Ou non, juste il aurait dû faire un lien entre ses médicaments et l'alcool. Mais qui lisait les notices et les informations de précautions à prendre ? Pas lui.
Puis ses réflexions auraient été à tous les coups perturbées par la scène juste en face... Il avait complètement suivit des yeux le trajet de la bière dans le cou de Kang Jun, déglutissant avec difficulté. C'était vraiment beaucoup trop perturbant... Heureusement, celui-ci ne semblait pas avoir capté sa gêne, s'étant levé en entendant un vague air musical. Comme pour oublier la vue qu'il avait eu à l'instant, le soliste avait à son tour pris une gorgée de sa bouteille après s'être levé, grimaçant en constatant qu'il n'aimait pas vraiment ça. Mais bon, il avait trop peur de l'avouer, il ne voulait pas être décevant...

« Tu connais cette chanson ? »


Il observait son interlocuteur bouger avec un mélange de fascination et de confusion, puis reporta son attention sur la musique. Le son était lointain, un peu étouffé, ça lui disait quelque chose. Qui aurait pu écouter souvent ça ? En tendant l'oreille, ça lui sembla plutôt évident.

- Oui, un peu...

Il avait juste le souvenir de sa grand-mère qui l'écoutait dès qu'elle faisait la cuisine, chantant l’entièreté de la chanson avec sa voix cassée de vieille dame, mais une ferveur digne de la plus grande fangirl de Lee Jung Hyun. Il avait eu le malheur d'un jour lui demander ce que cette chanson avait de si bien, mais après le regard meurtrier qu'il avait reçu, il n'avait plus jamais pipé mot. Toutefois, il en gardait un bon souvenir. C'était associé à une personne qu'il avait profondément aimé, ce qui faisait que ces choses avaient une place particulière dans son cœur. C'était juste des souvenirs, peut-être, mais c'était important pour lui.

« Viens danser avec moi. »

Lunaire n'avait même pas eu le temps de répondre, ou de faire quoi que ce soit d'autre, Kang Jun l'avait déjà attrapé. A vrai dire, le soliste n'aurait pas dit non, mais il y avait juste un problème : son camarade était trop proche. Ou au moins, trop proche pour son pauvre cerveau qui tournait trop vite sur un mode pas très hétéro. Et il avait franchement honte sans vraiment le vouloir, c'était plus fort que lui...
Il s'était toutefois repris, souriant légèrement. Oui, il fallait se concentrer sur autre chose ! Et puis, c'était toujours drôle de danser avec quelqu'un ! Au final, il s'était pris au jeu, se fichant un peu de s'ils faisaient n'importe quoi ou pas. L'essentiel c'était de s'amuser n'est ce pas ?
Au final, la personne ayant décidée de mettre un peu de musique avait fait défiler d'autres morceaux, cette fois plus récents. C'était peut-être dommage, l’électro avait un côté plaisant... Entre temps, le soliste avait presque fini sa bouteille à force de boire entre les morceaux. C'était mauvais signe ? Très. Les effets combinés de l'alcool et des anti-dépresseurs lui donnaient vraiment chaud, il avait mal à la tête, peut-être même des vagues débuts de nausée. Non, vraiment, il aurait dû dire non à Kang Jun pour l'alcool. Mais il ne savait pas le dire, ça, "non"...
Il tituba légèrement, se surprenant à doucement fredonner la chanson suivante, qui n'était autre que l'une des siennes. Il se surprenait juste à connaître encore les vers par cœur, souriant innocemment. Cette chanson avait déjà presque deux ans... Le temps filait vite... Le temps...
Depuis combien de temps était morte sa meilleure amie..? Trois mois. Déjà trois mois. Il lutta pour ne pas s'y attarder, angoissant rien qu'à l'idée de fondre subitement en larmes. Oui, cette chanson il l'avait composé pour elle, elle n'avait plus aucun sens maintenant. A moins que... Son regard maintenant vide avait à nouveau croisé celui de Kang Jun, et il avait complètement perdu son sourire. Pour éviter de trop trahir ce soudain changement d'humeur, il était allé caché son visage dans le cou du manager, se serrant contre lui. Il sentait vraiment l'alcool. Est-ce qu'il était du genre à noyer son chagrin dans ce genre de boissons ? Ce serait vraiment trop triste. Il n'était pas méchant, juste incompris, c'était sûr... Ils s'étaient amusés à l'instant, alors pourquoi tout partait en fumée comme ça ? Il avait subitement peur que son vis-à-vis disparaisse, qu'il s'évapore et tombe en morceaux. C'était une peur tout à fait irraisonnée, il le savait, et la suite était plutôt en bonne voie pour le terroriser encore plus.

- Ce n'est pas grave si tu es méchant, si tu as fait du mal à quelqu'un, si tu n'as pas d'amis, si tu as peur, tu ne mérites pas de souffrir. Je ne t'abandonnerai pas, promis.

Lune avait tellement peur d'un coup de le voir disparaître... C'était vraiment ridicule. Mais il voulait le protéger, et prendre soin de lui. Était-ce trop demander ? Il s'en fichait vraiment du reste. Oui, il s'en fichait. Rien ne changerait, vraiment. Il voulait être une bonne personne et aider.
Il œuvra pourtant à agir un minimum normalement... ou pas. Il avait doucement déposé ses lèvres sur la peau découverte du cou de Kang Jun, avant de reculer en souriant.

- Hum... Changement d'activité ? On fait un cache-cache ? avait il proposé, enthousiaste.

Ou alors faussement enthousiaste. Il était juste bon acteur... ou bon menteur, si on voulait vraiment y mettre les termes justes. Le fait était que ça commençait à vraiment ne pas aller, que de toute évidence, prendre n'importe comment ses médicaments n'avait eu aucun effet, et que s'enfiler une bouteille de bière n'avait pas donné des effets très sympathiques. Il était presque surpris que quelque chose de pire ne soit pas encore arrivé. Et si Kang Jun découvrait qu'il était taré ? Non, non, ça, ça ne devait jamais arriver. Il avait beaucoup trop peur de comment son regard changerait à l'instant où il le comprendrait. Il avait peur qu'il découvre qu'il était juste un imbécile qui voulait protéger et prendre soin des autres alors qu'il était en complète déroute intérieure.
Il avait besoin d'une pause, de se calmer, sinon il allait péter les plombs. Un cache-cache était un bon alibi. Il passait pour un gamin, mais au moins, il pouvait toujours aller se cacher, et entreprendre de se détendre. Mais et si Kang Jun disparaissait entre temps ? Il chassa cette pensée, enchaînant avec toujours un immense sourire :

- Disons qu'on a... Cent-vingt secondes pour se cacher ? Ça suffira ?

Qui comptait ? Personne. Et Lunaire était un peu très éméché pour vraiment noter ce détail. Si Kang Jun ne le relevait pas, ils allaient juste aller se cacher et attendre comme des idiots. Bon, ça serait une partie de cache-cache conceptuelle, disons...
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Mar 23 Juil - 0:04
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Puissions-nous nous retrouver.
Comme a si bien dit Lunaire, le méchant loup, est-il vraiment si méchant ? La notion de méchanceté est différente selon les personnes, pareil que la beauté et les plaisirs. Mon méchant loup ne l'est peut-être pas du point de vue du soliste. Au contraire, une personne qui me semble correcte et sympathique, peut lui sembler nocive et destructrice. Vice et versa. De ma perception, j'en suis un. S'il me connaissait entièrement, est-ce qu'il penserait la même chose ou tiendrait-il toujours le même discours que maintenant ?
J'en sais trop rien. Lunaire me paraît doux, délicat et fragile. Je ne veux pas le juger trop rapidement, cependant, je ne pense pas que ce vilain rôle ne se transformera dans tous les cas. Vis-à-vis, de lui, je serais probablement toujours le méchant.
Je ne pris la peine de continuer sur cette conversation qui d'après moi, tournera en rond tant que l'on ne se découvre pas plus. Au lieu de débattre, nos pieds ont battu le sol par de rythmes différents qui s'enchaînent au cours de la nuit. Côte à côte, nous nous essayons de nous échapper à la morosité qui s'était installée.

Au cours de ma danse, il m'arrivait de tourner autour de Lunaire ou encore de lui prendre rapidement la main pour le faire tourner sur lui-même. Au plus fou, j'ai tenté de faire un moonwalk de Michael Jackson, ce qui ressemblait davantage à quelqu'un qui passe le balai avec ses pieds qu'au plus grand danseur de tous les temps. Cet instant de légère liberté pris fin lorsque nous en avions assez. Du moins, c'est ce que je pensais. Je n'avais pas lu le malaise que Lunaire subissait au cours de cette fameuse chanson. Je ne savais pas tout ce qui était dit derrière ses paroles. Je ne m'imaginais pas tout ce qui se cachait derrière ses notes.
Soudainement, la tête du garçon est venue s'engouffrer dans mon cou. Je l'avais vu, ce sourire se démasquer, s'évaporer dès la première brise glacée. Pendant qu'il se trouvait contre moi, je regarde le vide, au loin, ce noir qui nous entoure petit à petit. Et alors que j'allais poser ma main au-dessus de sa tête, il me dit qu'il ne m'abandonnerait pas. C'est une promesse.
Je peux te croire, mais quand est-il de moi ? Les dieux te diront que je ne suis peut-être qu'un lâche et un traître qui n'a pas peur de heurter les autres juste pour recevoir sa propre victoire.
Moi, qui pourtant, s'arrache les tripes de ne pas s'attacher à quelqu'un, je me sens presque libre de pouvoir le garder près de mon cœur. Ce gamin à mes yeux, si précieux et délicat, que j'ai peur de toucher, peur d'abîmer par mon toucher trop brutal et maladroit. Sauf que ses lèvres viennent déposer un baiser dans mon cou. À mon opposé, Lunaire se présente plus réactif et entreprenant sur l'idée d'un contact. La chaleur qui se déposa sur ma peau, me provoqua quelques frissons. L'alcool avait une part de responsabilité, mais pas que...
Je ne comprenais pas trop le sens de ces gestes. Ce baiser est-il simplement amical, réconfortant ou quelque chose qui tire vers la séduction, une envie refoulée ? Ce n'est pas clair, alors j'évite de recourir à une réponse trop hâtée.
Pour le moment, j'essaye de ne pas y réagir. De ne pas y penser. Juste pour son bien. Et surtout, ne pas réveiller en moi, le vilain.

Lunaire change de disque et propose que l'on passe à un jeu. Cache-cache. Cela fait bien une éternité que je n'y ai pas joué. Sur l'instant, sa proposition m'excite joyeusement. De retour en enfance, je me prends au jeu.

« Faisons cela. »


Ayant toujours été nul pour me cacher, je décidais d'être celui qui ferait le compte à rebours et qui irait le chercher. Je lui fis signe par un balancement de main, d'aller se cacher, mais avant qu'il ne parte trop loin, je me retourne les yeux fermés.

« Fais attention et ne va pas trop loin non plus ! »


Dis-je en criant un peu trop fort. L'alcool me fait perdre certains contrôles de moi-même. Je me retourne et reprends la suite des chiffres et des numéros, ne correspondant pas tellement à des secondes. Parfois, j'allais un peu trop vite, et d'autres, je loupais le coche. En mélangeant les statistiques, je pense que l'on peut approximativement obtenir un rythme qui correspond aux secondes.

Lorsque le minuteur mental se termine, je me lance dans l'action avec des papillons au ventre. Avant de partir, je décide de m'ouvrir une nouvelle bière que je compte dégommer pendant ma recherche. Je l'ouvre et manque de m'en foutre partout à cause la mousse. J'y trempe mes lèvres, aspire le tout, assumant une marche pas victorieuse dans l'herbe. Je lève les yeux et guète les alentours, dans les cas où une petite touffe de cheveux dépasse de tout le reste malgré l'obscurité environnante.
Dix minutes se passent et je commence un peu à flipper. J'ai peur d'avoir perdu Lunaire. Je m'imagine qu'il se soit trop approché de l'eau. Ou encore, qu'il s'est fait enlever par un inconnu ou qu'il soit tombé dans les pommes. Toutes sortes de scénario se trament dans mon cerveau et des plus déplaisants.
Au bout de quelques minutes qui me paraissent être une éternité, je parviens enfin à trouver Lunaire qui était cachait derrière un énorme rocher. Enfin, je crois que c'est lui... Je n'y vois presque plus grand chose, la nuit est pas mal tombée depuis. Alors, je me rapproche, restant sur mes gardes. C'est peut-être quelqu'un d'autre, un tueur, un voleur ou un violeur !
Et après quelques pas, je vois le doux visage du chanteur. Rassuré de le voir, je soupire et prends une grande gorgée de ma bière qui vient de se terminer. Dans une main, je l'écrabouille et je pointe l'ami du doigt.

« On arrête de jouer à ça, j'aime pas ce jeu en fait. »


Je ne lui ai pas avoué que j'avais eu les chocottes, que j'avais cru l'avoir perdu. Ces détails, je les garde pour moi, en silence. Décidé à changer une nouvelle fois d'activité, je choppe le garçon par un des poignets pour le sortir de là et reprendre l'ancienne route pour récupérer nos affaires.

« Rentrons, il va bientôt faire complètement nuit. »


Tout le long, je ne l'avais pas lâché. C'était instinctif, c'était la frayeur de toute à l'heure qui se faisait ressentir.

En prenant les affaires, je me suis aperçu que j'avais gardé en main le bras du garçon. Déstabilisé par cette découverte, je le laisse s'échapper et retrouver sa liberté. J'agis naturellement et je me charge des dernières affaires restantes. Gardant un œil sur mon compagnon de voyage, je remonte la petite colline pour retrouver le chemin qui nous mènera à notre chambre.
Au cours d'un long moment de silence, j'entame une conversation dans le but de détendre l'atmosphère.

« Tu jouais souvent à cache-cache quand tu étais petit ? »




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